Les sciences-humaines

  • Dictionnaire Levi-Strauss

    Jean-Claude Monod

    • Bouquins
    • 14 Avril 2022

    Ce dictionnaire, d'une ampleur et d'une ambition sans équivalent, rassemble, sous la direction de Jean-Claude Monod, les éléments d'une pensée et d'une vie qui se trouvèrent au point de convergence, et parfois de friction, de nombreuses disciplines - philosophie, anthropologie, linguistique, sociologie, mythologie comparée, histoire de l'art, poétique... - et de plusieurs continents - Europe, Amériques du Sud et du Nord, Asie... L'oeuvre de Claude Lévi-Strauss transforma en profondeur non seulement les sciences sociales du xxe siècle, mais le regard que nos sociétés portent sur « les autres », d'abord sur ces peuples qu'on appela longtemps - avant Lévi-Strauss, justement - « primitifs » et, par là, sur nous-mêmes.
    L'ouvrage parcourt l'intégralité des livres du grand anthropologue, les concepts qu'il a marqués de son empreinte, et nous éclaire aussi sur les rencontres qui ont été déterminantes dans son existence intellectuelle et personnelle. Sa vie est traitée comme un « fait biographique total » où les noms des maîtres et des collaborateurs, des lieux et des textes, des peuples et des notions sont autant d'entrées vers une oeuvre-monde.
    Riche de multiples contributions françaises et étrangères, ce volume montre combien la pensée de Lévi-Strauss est animée par une quête de « sagesse » pratique visant à réformer notre civilisation et à réorienter le cours de nos sociétés. Ses réflexions engagent non seulement une idée de l'humanité - dans son unité et ses différences, dans ses liens vitaux avec la nature -, mais une conscience aiguë des conditions précaires de sa survie.

  • Contrairement à une croyance largement partagée, la présence d'Africains en Europe n'est pas récente : elle remonte à l'Antiquité, lorsque l'Égyptien saint Maurice, dont nombre de gravures et oeuvres d'art ont fait un homme blanc, a pris la tête de la légion thébaine à Rome. Depuis lors, les échanges entre ceux que l'on désignait comme les « Africains » et les « Européens » ont été riches et variés, dessinant une histoire certes brutale mais que l'on ne peut réduire à l'esclavage et à la colonisation.

    Première femme noire titulaire d'une chaire d'histoire en Grande-Bretagne, Olivette Otele, qui enseigne l'histoire coloniale à l'université de Bristol, retrace les étapes de cette relation de Septime Sévère aux migrants d'aujourd'hui en passant par la Renaissance et la période moderne. Décryptant la fabrique des préjugés depuis plus de deux mille ans, évoquant au passage Alexandre de Médicis et Dumas, Pouchkine et Battling Siki, ce large tour d'horizon apporte un éclairage inédit sur les questions de discrimination, de racisme et d'identité.

    Finaliste du George Orwell Prize for Political Writing, Une histoire des noirs d'Europe a été élu Meilleur Livre de l'année 2020 par le Guardian et History Today.

  • Voyages en Russie absolutiste : vie et mort de quatre opposants

    Jil Silberstein

    • Noir sur blanc
    • 7 Avril 2022

    Vaste enquête à travers la Russie d'aujourd'hui, Ôtez-moi ma médaille de chien se veut avant tout un hommage au combat acharné de quatre hommes confrontés - chacun à son époque - aux ravages de l'autocratie. Mais faire se côtoyer les destins du poète et romancier Mikhaïl Lermontov (1814- 1841), de Vladimir Tan Bogoraz (1865-1936), révolutionnaire et pionnier de l'anthropologie, de l'écrivain anarchiste Victor Serge (Viktor Lvovitch Kibaltchitch ;1890-1977), antistalinien, auteur de S'il est minuit dans le siècle, et d'Anatoli Martchenko (1938-1986), l'un des derniers intellectuels russes à être mort en détention au Goulag, c'est aussi proposer une histoire informelle - encore que remarquablement documentée - de l'opposition à l'absolutisme russe sous toutes ses formes, de Catherine II à Vladimir Poutine.
    Enfin, à travers quatre « pèlerinages » de l'auteur - au Tatarstan, au Caucase, en Oural et jusqu'aux lointaines rives de la Kolyma -, c'est à la rencontre de « héros de notre temps » que le lecteur est invité.

  • Des premiers supercalculateurs aux algorithmes de Youtube en passant par les drones, la technologie a envahi chaque aspect de notre existence, elle affecte notre capacité à penser, à comprendre et à agir. Mais notre compréhension de celle-ci est lacunaire.
    James Bridle propose une analyse lumineuse des logiques à l'oeuvre derrière la complexité des processus technologiques. Il démonte quelques solides lieux communs, notamment l'idée que le progrès technologique serait imparable et émancipateur, mais aussi la croyance selon laquelle l'accès à une surabondance d'informations serait toujours bénéfique.
    À travers cet essai dense et déroutant, James Bridle nous invite à reprendre le contrôle.

  • Terminologie philosophique

    Theodor W. Adorno

    • Klincksieck
    • 18 Février 2022

    Comme la majorité des cours d'Adorno, la Terminologie philosophique est à lire comme une perspective sur l'oeuvre majeure en préparation depuis la fin des années 1950, à savoir la Dialectique négative. La perspective prise à partir du rapport constitutif de la philosophie à la langue est si inédite et étonnante qu'elle produit véritablement une nouvelle lecture de la Dialectique négative. Ce cours dispensé pendant deux semestres a été conçu par Adorno à la fois comme une introduction à la philosophie et comme une réflexion sur la manière dont les problèmes philosophiques sont indissociables de l'usage et de l'histoire de la langue.

  • Le thème unificateur de ce volume d'écrits de Theodor W. Adorno - la plupart tardifs - est celui de la couleur dans la musique, le mot Farbe en allemand ayant donné celui de Klangfarbe, qui désigne le timbre. Il faut l'entendre de deux façons : d'une part, Adorno explore, dans plusieurs des textes réunis dans ce volume, les relations qu'entretiennent musique et peinture, réfléchissant aussi bien sur la singularité propre aux deux arts que sur leurs échanges. C'est le cas notamment des cours sur la couleur dans la musique donnés à Darmstadt et inédits en français. D'autre part, dans les essais consacrés à Wagner et Richard Strauss, il s'attache à des musiques dans lesquelles la question du timbre, le caractère évocateur, voire illustratif, de la couleur sonore, est une dimension importante. Elle est liée, chez ces deux compositeurs, aux genres de l'opéra et du poème symphonique.
    En revenant sur Wagner, auquel il avait consacré un livre extrêmement critique, et en développant une réflexion très approfondie sur la musique de Strauss, qui s'articule à celle, centrale chez lui, sur Schönberg, Berg et Webern, Adorno dévoile de nouveaux aspects de sa pensée. Dans les notes consignées de 1940 à 1969, année de sa mort, il tente de pénétrer l'Idée du phénomène musical dans la fulgurance de fragments apparentés à des aphorismes, ces notes se présentant tel un laboratoire des essais et monographies consacrés à la musique.
    Ainsi, dans l'Allemagne de l'ouest des années 1960, Adorno fait entendre une voix discordante, refusant de dissocier la destinée de la culture allemande des événements politiques qui se sont succédé, notamment de l'expérience du national-socialisme.
    Si certains des textes de ce volume ont fait l'objet d'une traduction aujourd'hui introuvable, la plupart sont inédits en français. Une grande partie d'entre eux se trouvent dans le volume 16 des oeuvres complètes publiée en Allemagne. Cet ouvrage fait suite à la publication par Contrechamps de trois autres livres d'Adorno : Introduction à la sociologie de la musique, Figures sonores (Écrits musicaux I) et Moments musicaux.

  • « Venue du monde indigène, la lumière que les peuples premiers offrent aux "civilisés? à ce moment de leur histoire pourrait bien inciter ces derniers à ensauvager un peu leur esprit, à quitter la froideur du raisonnable pour retrouver les flammes vives de l'instinct profond. ».

    Face aux périls qui menacent l'humanité en ce début de XXIe siècle - réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, montée des tensions -, les peuples autochtones ont un message à nous délivrer. En Amérique du Nord ou du Sud, en Afrique ou en Océanie, ils perpétuent encore, à travers leur culture et leur spiritualité, une autre façon d'être au monde.

    Nourrissant son propos de ses nombreux voyages et de ses rencontres, chez les Sioux Lakotas notamment, Maurice Rebeix nous offre un panorama de réflexions tous horizons, promesse d'une réconciliation avec notre nature profonde. Afin de léguer une planète viable aux générations futures, il offre une piste qui invite à « ensauvager » nos esprits en s'inspirant de la pensée des peuples premiers.

  • En 1972, quatre jeunes scientifiques du MIT rédigent à la demande du Club de Rome un rapport qu'ils intitulent The Limits to Growth et qui établit, pour la première fois, les conséquences dramatiques d'une croissance exponentielle dans un monde fini.
    En 2004, quand les auteurs enrichissent leur analyse de données accumulées durant trois décennies d'expansion sans limites, l'impact destructeur des activités humaines sur les processus naturels les conforte définitivement dans leur raisonnement.
    En 1972, la problématique centrale était : « comment éviter le dépassement » ; en 2004, l'enjeu est alors : « comment procéder pour que nos activités ralentissent et puissent tenir dans les limites de la planète ? » ; désormais, les limites sont dépassées : que nous reste-t-il à envisager ?

  • Sourire. anthropologie de l'énigmatique

    David Le Breton

    • Metailie
    • 1 Avril 2022

    David Le Breton poursuit son anthropologie du corps de façon plus affinée, plus littéraire aussi au regard de ses précédents ouvrages, il ouvre des voies de réflexion au lecteur. Ici pas d'interviews, que du vécu et des citations d'écrivains, de cinéastes ou des peintures qui décrivent sur le vif des sourires, des centaines de sourires plus ou moins célèbres où se voilent des significations contradictoires.

    Le sourire se devine, il gagne les yeux, transforme le visage et nous introduit l'un à l'autre avec toute la subtilité polysémique d'une humanité qui s'y reconnaît. Le sourire est bien un effleurement de l'âme, il dit la subtilité de la présence au monde, à l'autre et à soi. Les savants peuvent bien constater que le sourire est la réaction la plus faible du visage à toute excitation légère et faciale, les poètes comme Paul Valéry y voient « le premier luxe de l'être. Ce n'est plus le besoin qui pleure et qui crie. C'est l'ouverture de l'inutile besoin de communiquer pour autre chose que l'apaisement d'une soif ». Oui, le sourire est un adoucisseur de contact quand il n'est pas convenu, de circonstance, narquois, exaspérant ou, bêtement, pour donner le change. C'est aussi une ritualité parfois régie par une subtile hiérarchie sociale qui permet à l'individu de communiquer autrement, sans mot, de tout son corps.

    Cette anthropologie de l'énigmatique touche bien sûr aux conventions et aux interactions sociales, elle touche aussi à notre spiritualité vraie et naïve qui nous fait exister autant que résister au monde et communiquer de soi à l'autre.

  • La matrice

    Christophe Deloire

    • Calmann-levy
    • 16 Mars 2022

    Dans la Bay Area en Californie, dans les laboratoires du Parti communiste à Pékin, on développe des technologies qui changent nos vies et font peser une menace sur la démocratie.
    Les entreprises du capitalisme de surveillance savent tout de nous. Grâce aux prédictions sur nos comportements futurs, elles orientent nos choix.
    L'infrastructure des plateformes numériques et des réseaux sociaux remplace les institutions politiques. C'est une matrice invisible. Dans l'ancien monde, nul n'était censé ignorer les lois. Désormais, les sociétés technologiques se substituent aux parlements, à la justice, aux organes de régulation, et elles imposent leur système. Code is law.
    La perte de contrôle technologique est l'une des pires menaces qu'affronte l'humanité. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Ce livre est le récit d'un combat. La défense de la démocratie suppose une révolution de nos modes de pensée et d'action et une refondation du secteur des médias.

    Christophe Deloire raconte de l'intérieur la mobilisation de prix Nobel, de chefs d'État et des plus grands experts.

  • Bien malin celui qui a quelques mois de l'élection présidentielle serait capable de donner le trio de tête !
    Avec force témoignages et citations, Le Troisième homme nous replonge plaisamment dans « la surprise » suscitée par le troisième homme, que ce soit dans un sens de promotion comme Lecanuet, Duclos, Chirac, Bayrou, Le Pen ou, à l'inverse, dans un processus de relégation comme ce fut le cas pour Chaban-Delmas, Barre, Balladur, Jospin et bien sûr, le dernier d'entre eux : François Fillon.

  • Le dernier jeudi du Carnaval de l'année 1569, au coeur d'un hiver féroce, sept jeunes patriciens florentins s'assemblèrent pour faire académie. La sodalité ainsi fondée devint vite l'une des académies florentines les plus dynamiques - au point de laisser, lors de sa disparition, six décennies plus tard, des milliers de folios d'archives consignant ses travaux (registres d'activités, discours, poèmes, etc.). Comprendre ce qui motiva ces hommes à oeuvrer ensemble avec tant de diligence reste néanmoins malaisé, tant l'institution cultiva le secret. Un élément frappe pourtant : la plus grande partie des Alterati étaient issus de familles qui s'étaient autrefois opposées au démantèlement de la République oligarchique. Le pouvoir médicéen tint leurs rejetons à l'écart des offices communaux comme des charges de cour, les poussant sans doute indirectement à investir leurs énergies dans les arts et les savoirs.
    Leur académie devint ainsi le lieu d'une ambivalence fondamentale : imitant par ses structures les institutions de la Florence communale, elle permit à ses membres de célébrer la République disparue en action comme en pensée - et toujours en vase clos. Mais, parce qu'elle donnait aux académiciens la possibilité de s'exercer avec constance à parler et à écrire, tout en les incitant à évaluer constamment les travaux d'autrui, elle leur offrait aussi l'occasion de travailler collectivement à leur intégration progressive dans la société de cour médicéenne, où les princes prisaient leurs savoir-faire et ne dédaignèrent pas d'en user.

  • Les onze Muses du Grand siècle.
    Il existe de nombreuses biographies de femmes célèbres au XVIIe siècle, gravitant immanquablement autour de Versailles. Mais la présentation d'une galerie de onze portraits thématique, rassemblant à la fois de grandes dames de la spiritualité, de la vie culturelle et littéraire et de la politique, est une démarche originale et qui n'a pas d'équivalent. Alors que le thème de la femme est très largement abordé dans l'édition contemporaine, tous siècles confondus, sous l'angle de la condition féminine, le propos tenu par Marie-Joëlle Guillaume, spécialiste du XVIIe siècle, se décentre, voire se renverse : c'est la force de leur empreinte sur la civilisation du XVIIe siècle qui est mise en valeur. S'ajoutent aux portraits fameux des figures moins illustres mais tout aussi essentielles : Barbe Acarie, Louise de Marillac, Marie de l'Incarnation, Angélique Arnauld, Catherine de Rambouillet, Madeleine de Scudéry, Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, duchesse de Longueville, Anne d'Autriche et Mme de Maintenon. Ils permettent une plongée concrète et très humaine dans les mentalités de l'époque, de Corneille à Port-Royal. Enfin, cet ouvrage enlevé offre une " défense et illustration " de la civilisation du Grand Siècle, dont l'appellation suggère l'excellence. Une excellence incarnée par des femmes d'élite qui en furent les actrices et les inspiratrices.

  • Les résistantes

    Judy Batalion

    • Arenes
    • 24 Mars 2022

    L'histoire oubliée du combat des femmes dans les ghettos de Hitler.

    C'est en cherchant des exemples de femmes juives résistantes à la British Library que Judy Batalion est tombée sur Women in the Ghettos [Femmes dans les ghettos], un livre insolite et poussiéreux de deux cents pages, écrit en yiddish. Connaissant la langue, elle se plonge dans la lecture et tombe sur des histoires d'armes, de grenades et d'espionnage.

    «C'était un polar yiddish, l'histoire des «filles du ghetto» juives polonaises, qui soudoyaient les gardes de la Gestapo, cachaient des pistolets dans des ours en peluche et organisaient des réseaux d'abris souterrains. Elles séduisaient les nazis, les amadouaient avec de l'alcool et des confiseries, et les tuaient. J'étais stupéfaite.
    J'avais grandi dans une famille de survivants de l'Holocauste, et on ne m'avait jamais parlé de cette histoire. Je savais que j'avais trouvé un trésor, et que je devais retrouver la trace de ces filles. »

  • Le chaos pandémique n'a pas d'après. Pourtant, derrière les images monstrueuses qui défilent sur nos écrans, au-delà des polémiques qui agitent nos débats, dans le vertige des crises des années 2020, un nouveau monde est sur le point d'éclore.Nous nous trouvons encore dans l'interrègne. Nous subissons des bouleversements que l'on peine à décrire, à transformer ou à arrêter. Fait-on du surplace ou sommes-nous en train de basculer?Deux forces fracturent notre réalité. La rivalité géopolitique entre la Chine et les États-Unis structure le monde. La crise climatique planétaire change tout. Entretemps, dans la pandémie, en France, en Europe, des spectres se raniment:la dette, le conflit, le genre, l'État, la souveraineté. Est-il encore possible de bifurquer?Pour son premier volume imprimé, le Grand Continent, phénomène intellectuel des années 2020, réunit vingt voix qui définissent la structure des politiques dans l'interrègne.Une idée les réunit et justifie de les recueillir:si le désordre est certain, le chaos n'est pas encore une nécessité.Née en ligne, portée par une nouvelle génération, la revue le Grand Continent s'est imposée en moins de trois ans comme la plateforme de référence pour le débat stratégique, politique et intellectuel à l'échelle continentale. De cet atelier foisonnant sort ce volume papier, exprimant l'ambition du Grand Continent d'articuler le temps du tweet au temps du livre.

  • Au pouvoir depuis vingt ans, Vladimir Poutine a ouvertement annoncé son intention de replacer la Russie au centre de la politique mondiale. Sa stratégie : perturber les règles du jeu partout où il le pourra. C'est ce que montre cette enquête passionnante.
    Isolée par son intervention en Ukraine, la Russie s'est servie du conflit syrien comme d'un tremplin pour revenir en puissance dans les affaires internationales. Le chef du Kremlin use, sans complexe, de méthodes de déstabilisation hors-champ et recourt à ses réseaux de l'ombre en Europe, aux États-Unis, dans l'espace postsoviétique, en Afrique, en Asie, et jusque dans le Grand Nord. Tous les moyens sont bons : ingérence dans des élections, élimination d'opposants, pressions politiques, économiques et énergétiques, cyber-attaques, interventions militaires...
    Face à cette offensive globale, les Occidentaux, divisés, hésitants, voire bienveillants, semblent incapables de trouver une parade efficace. Moscou façonne pourtant un monde plus dur, instable et conflictuel. Un monde où le rapport de force s'impose sur la coopération, où les droits de l'homme s'effacent, où la démocratie cède devant l'autocratie. Un monde favorable aux ambitions du Kremlin que Vladimir Poutine impose par sa stratégie du désordre.

  • Poutine et l'Ukraine ; les faces cachées

    Vladimir Fédorovski

    • Balland
    • 21 Mars 2022

    Ce livre donne des clés pour déchiffrer non seulement les faces cachées de Poutine mais aussi les aléas de ce nouveau monde. Il est le résultat d'une longue enquête qui devait être publiée plus tard, mais les événements tragiques en ontaccéléré la parution.

    L'auteur, qui a connu Vladimir Poutine, aide à comprendrece qui se trame dans l'esprit du dirigeant russe. VladimirFédorovski voit en lui cinq hommes qui façonnent le leader guerrier d'aujourd'hui : l'enfant meurtri, le sportif tacticien, l'espion fourbe, l'homme politique blessé et le tsar fantasmé. Ce qui arrive est d'une gravité pire que la guerre froide car il y avait des lignes rouges à ne pas franchir.

    On assiste à un grand mélange entre propagande et politique réelle ; on ne parle plus le même langage ; on joue perdant perdant. Pour reconstruire, il faut tenir compte dne erreur fondamentale qui remonte à la fin de la sortie du communisme : les Occidentaux ont refusé d'associer la Russie au monde libre. On a marginalisé la Russie, on l'a humiliée même, et on le paie très cher aujourd'hui.

    De mère russe, de père ukrainien, l'auteur est doublementdéchiré. Il a le sentiment que tout le sens de sa vie diplomatique comme fossoyeur de la guerre froide a été anéanti.

  • Le jour où le monde a tourné

    Judith Perrignon

    • Grasset et fasquelle
    • 16 Mars 2022

    « Le Royaume-Uni des années 1980. Les années Thatcher. Elles sortent toutes de là, les voix qui courent dans ce livre, elles plongent au creux de plaies toujours béantes, tissent un récit social, la chronique d'un pays, mais plus que cela, elles laissent voir le commencement de l'époque dans laquelle nous vivons et dont nous ne savons plus comment sortir.
    C'est l'histoire d'un spasme idéologique, doublé d'une poussée technologique qui a bouleversé les vies. Ici s'achève ce que l'Occident avait tenté de créer pour panser les plaies de deux guerres mondiales. Ici commence aujourd'hui : les SOS des hôpitaux. La police devenu force paramilitaire. L'information tombée aux mains de magnats multimilliardaires. La suspicion sur la dépense publique quand l'individu est poussé à s'endetter jusqu'à rendre gorge. La stigmatisation de populations entières devenues ennemis de l'intérieur.
    Londres. Birmingham. Sheffield, Barnsley. Liverpool. Belfast. Ancien ministre. Leader d'opposition. Conseiller politique. Journaliste. Ecrivain. Mineur. Activistes irlandais. Voici des paroles souvent brutes qui s'enchâssent, s'opposent et se croisent. Comment ne pas entendre ces quelques mots simples venus aux lèvres de l'ancien mineur Chris Kitchen comme de l'écrivain David Lodge : une société moins humaine était en gestation ?
    Comment ne pas constater que le capitalisme qui prétendait alors incarner le monde libre face au bloc soviétique en plein délitement, est aujourd'hui en train de tuer la démocratie ?
    Quand la mémoire prend forme, il est peut-être trop tard, mais il est toujours temps de comprendre. ».
    J.P

  • De tout temps, les femmes ont agi. Elles ont régné, écrit, milité, créé, combattu, crié parfois. Et pourtant elles sont pour la plupart absentes des manuels d'histoire.
    " C'est maintenant, à l'âge adulte, que je réalise la tromperie dont j'ai été victime sur les bancs de l'école. La relégation de mes ancêtres femmes me met en colère. Elles méritent mieux. Notre histoire commune est beaucoup plus vaste que celle que l'on nous a apprise. " Pourquoi ce grand oubli ? De l'âge des cavernes jusqu'à nos jours, Titiou Lecoq s'appuie sur les découvertes les plus récentes pour analyser les mécanismes de cette vision biaisée de l'Histoire.
    Elle redonne vie à des visages effacés, raconte ces invisibles, si nombreuses, qui ont modifié le monde. Pédagogue, mordante, irrésistible, avec elle tout s'éclaire. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leurs voix.
    " Femme libre et engagée, esprit avide et curieux, écrivaine confirmée, Titiou Lecoq livre un grand récit, passionnant et vrai. " Michelle Perrot

  • Jeanne d'Arc : héroïne diffamée et maryre

    Claude Gauvard

    • Gallimard
    • 10 Février 2022

    Elle a fait la France de son vivant et plus encore pendant les siècles qui suivirent son martyre. Son irruption dans la guerre de Cent Ans change le cours de l'Histoire. Guidée par des voix qui lui intiment de bouter les Anglais hors du royaume, Jeanne devient la Pucelle, chef de guerre et héros politique. Elle communique sa hardiesse à ses compagnons d'armes et à Charles VII, qu'elle fait sacrer à Reims.Mais sa renommée, jusqu'au-delà des frontières, ne se résume pas à sa vaillance. Elle est également édifiée par tous ceux qu'effraie la figure d'une femme prophétesse et guerrière:Jeanne d'Arc terrorise les Anglais et sans doute ses juges. Ils font d'elle une «putain ribaude» et une sorcière, la capturent, l'emprisonnent, la soumettent à un procès inique qui la condamne au feu.C'est la construction d'un personnage maléfique que ce livre donne à lire, en interrogeant les sources à frais nouveaux. Le procès de condamnation, véritable tribunal d'inquisition, fabrique des chefs d'accusation pour déshonorer la Pucelle:son alliance avec le diable, ses échanges avec les démons, le signe mystérieux qu'elle aurait présenté à Charles VII pour le persuader d'asseoir son pouvoir légitime...Pourtant, son courage et son supplice n'ont pas suffi à lui attirer la reconnaissance du roi. Pour lui, Jeanne d'Arc a en partie échoué dans ses prophéties comme dans la guerre.Reste le peuple, dont on explore ici les croyances et les peurs; car c'est le peuple qui restitue finalement à Jeanne d'Arc son honneur, avant que la légende ne s'en empare.

  • Le dernier Maharaja d'Indore

    Géraldine Lenain

    • Seuil
    • 8 Avril 2022

    Yeshwant Rao Holkar II (1908-1961), dernier maharaja d'Indore, est la figure même du maharaja moderne. Jeune esthète curieux, conscient de son absence de pouvoir politique dans une Inde sous domination britannique, ce richissime héritier épris de modernité part dès sa vingtième année à la conquête de l'Europe et des États-Unis et se jette à corps perdu dans les années folles. Marié à seize ans à la maharani Sanyogita Devi qui en avait neuf, le jeune prince rencontres de nombreuses personnalités de l'époque, dont certaines qui marqueront sa vie entière, comme (Man Ray, Constantin Brancusi, Henri-Pierre Roché, Jacques Doucet ou Eckart Muthesius). Le couple mythique se fait grand mécène des artistes occidentaux des années 30 qui raffolent du jeune prince-dandy et de sa très jeune épouse. Le Corbusier, Jacques-Émile Ruhlmann ou encore Eileen Gray décorent l'incroyable palais Art déco qu'il se fait construire avec audace au coeur de l'État du Madhya Pradesh.

    Mais derrière cette icône de l'élégance et d'un style de vie devenu modèle pour les autres princes indiens, s'en cache une autre, plus mystérieuse. Fragile et instable, mélancolique, déchiré entre les deux mondes irréconciliables qu'il habite - l'Inde et l'Occident -, refusant d'appartenir à aucun, il se retire peu à peu au gré des drames de sa vie, abandonne son projet d'autobiographie, brûle discrètement ses correspondances, comme pour effacer sa postérité. Une biographie inédite d'un personnage extraordinairement inspirant, qui se lit comme un voyage au coeur des années folles mais aussi comme une traversée de l'Inde en voie d'indépendance, tiraillée entre culture coloniale, culture traditionnelle indienne et modernité artistique.

  • être à sa place

    Claire Marin

    • L'observatoire
    • 16 Février 2022

    «?Ça commence parfois par une inquiétude ou un malaise. On se sent en décalage, on craint d'agir de manière déplacée. On a le sentiment de ne pas «être à sa place». Mais qu'est-ce qu'être à sa place, dans sa famille, son couple, son travail ? Quels sont les espaces, réels ou symboliques, qui nous accueillent ou nous rejettent ? Faut-il tenter de conquérir les places qui nous sont interdites, à cause de notre genre, notre handicap, notre âge, notre origine ethnique ou sociale ? Peut-être faut-il transformer ces lieux de l'intérieur et s'y créer une place à soi ??» Dans cet ouvrage aussi passionnant que sensible, la philosophe Claire Marin explore toutes les places que nous occupons - quotidiennement, volontairement ou contre notre gré, celles que nous avons perdues, celles que nous redoutons de perdre - et interroge ce qui est à la fois la formulation d'un désir personnel et un nouvel impératif social. Encore reste-t-il à savoir si l'on finit tous par trouver une place, ou si le propre d'une place n'est pas plutôt de sans cesse se déplacer, ou de déplacer celui qui croit pouvoir s'y installer...

  • Philosopher, c'est penser par soi-même. Mais nul n'y parvient valablement qu'en s'appuyant d'abord sur la pensée des autres, et spécialement des grands philosophes du passé. Sont rassemblées ici quelque six cents citations des plus brillants esprits de la pensée occidentale, regroupées en douze thématiques majeures : la morale, la politique, l'amour, la mort, la connaissance, la liberté, Dieu, l'athéisme, l'art, le temps, l'homme, la sagesse. Chacune s'ouvre par une présentation admirablement claire et concise. En réunissant ainsi en un volume ses « Carnets de philosophie », parus il y a vingt ans et aujourd'hui devenus introuvables, André Comte-Sponville propose une remarquable introduction à la philosophie. Elle intéressera aussi bien les lycéens que tous ceux, quel que soit leur âge, qui veulent « penser mieux, pour vivre mieux ».

  • Le lundi existentiel : la philosophie vivante

    Benjamin Fondane

    • Non lieu
    • 18 Septembre 2021

    Le Lundi existentiel et le dimanche de l'Histoire est considéré comme le testament philosophique de Benjamin Fondane, d'abord parce que c'est le dernier texte qu'il a écrit et qu'il a envoyé à Gallimard la veille de son arrestation et de sa déportation, ensuite parce qu'il trace une ligne de démarcation très nette entre la philosophie existentialiste de Heidegger et Sartre, et la philosophie existentielle, le courant dans lequel il se situe après Kierkegaard et Chestov. Selon Fondane, ce dernier seul laisse une possibilité de liberté à l'être humain en engageant, en son nom, un procès contre la raison.
    Cet essai est suivi par l'ensemble des textes philosophiques qu'il a publié dans la grande revue marseillaise Les Cahiers du Sud, entre particulier dans sa chronique : « La philosophie vivante ». On retrouve là les grands thèmes de la philosophie existentielle, plusieurs débats autour de Kierkegaard et ses coups de coeur pour les penseurs alors les plus novateurs comme Lupasco, Lévy-Bruhl, Jankélévitch et Bachelard.

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