Littérature française

  • Virgile s'en fout

    Emmanuel Venet

    • Verdier
    • 3 Février 2022

    L'intrigue de ce livre commence le 1er janvier 1981 et s'achève le 31 décembre de la même année. Avec quarante ans de recul, le narrateur se remémore sa vie d'étudiant cette année-là, ses relations amoureuses hésitant entre des figures contrastées de la féminité - dont celle qui lui fit vivre la douche écossaise d'un grand amour - mais aussi les hésitations du pays, autour de l'élection de François Mitterrand, entre les utopies de la gauche et le spectre du totalitarisme communiste brandi par la droite.
    Le narrateur évoque également ses lectures datant de cette époque : la mythologie gréco-latine, qu'une amante d'un soir l'invite à mieux connaître ; et les « cent plus beaux textes écrits en français », dont un libraire carburant au Pouilly-Fumé s'attache, soir après soir, à dresser l'impossible liste.
    Entremêlant une succession de plongées dans la mémoire du narrateur et de relecture des grands mythes antiques, le récit dessine par petites touches son thème profond : la construction du récit historique, sanctuaire de papier constitué d'un bric-àbrac de légendes et de souvenirs, tous plus fallacieux les uns que les autres. Il se termine dans le vertige identitaire qui en découle et que tentent de fixer nos fragiles constructions biographiques : qui sommesnous ? Que savons-nous de nous, en dehors du récit par lequel nous nous racontons ? Nous est-il possible de nous rencontrer hors des illusions du langage ?

  • Le parti d'Edgar Winger

    Patrice Jean

    • Gallimard
    • 7 Avril 2022

    « Un jour, peut-être, serez-vous saisi d'effroi devant la fragilité inouïe de l'existence, sa précarité, sa bêtise, sa beauté. Et un jour, peut-être, comprendrez-vous que le Mal infecte toutes les poitrines, qu'elles soient progressistes ou réactionnaires. » Romain Bisset, trente ans, a rompu avec une famille de riches bourgeois « dominants » pour rejoindre le parti révolutionnaire. Ses jeunes dirigeants, la néoféministe Alexia Milton et l'intransigeant Gauthier Deville, l'envoient à la recherche du célèbre théoricien Edgar Winger, qui ne donne plus signe de vie depuis vingt ans. Pour eux, il serait le seul capable de réaliser la convergence des luttes et des progressismes. D'un café de Nice, où l'auteur de Splendeurs et misères du capital a été vu pour la dernière fois, jusqu'au Havre en passant par l'Allier, Romain va éclaircir le mystère Winger et devoir affronter les vertiges de la réalité.

  • Pars, oublie et sois heureuse

    Pierre Mérot

    • Albin michel
    • 5 Janvier 2022

    « Je pense sincèrement que tu auras été un grand amour de ma vie », m'as-tu écrit. Et moi, que devrais-je dire ? Le plus douloureux. Le plus incompréhensible. Sans doute as-tu aimé l'écrivain, celui qui te chantait jour et nuit comme un rossignol aux yeux crevés - il semble, en effet, qu'ils chantent mieux quand on leur crève les yeux. J'ai fait de toi un temple imaginaire qui ressemble si peu à la femme que tu es. Je t'ai agrandie, oui, comme tu m'as agrandi sans t'en apercevoir. ».
    À l'automne de sa vie, Pierre s'éprend d'une collègue de son âge, belle et follement libre. Ce qui aurait pu être une banale rencontre va devenir une passion brûlante. Pierre exige toujours davantage. Plus il s'amourache de cette « délinquante des sentiments », plus elle semble lui échapper. Il s'aveugle, en toute conscience, et se jette à mots perdus dans une relation qui le nourrit et le détruit à la fois. Mais n'est-ce pas là le propre de la passion amoureuse ?
    Pierre Mérot, l'auteur de Mammifères et de Toute la noirceur du monde, dissèque avec une précision chirurgicale et une autodérision impitoyable l'éternel mécanisme de l'amour, et peut-être de l'ultime passion.

  • Mes migraines

    Raphaël Rupert

    • L'arbre vengeur
    • 17 Mars 2022

    Sous la patronage du Zeno de Svevo obsédé par sa tabagie, Raphaël Rupert nous raconte la vie d'Hector Schmidt au prisme de la migraine (classée 20° maladie au monde par l'OMS...) qui le poursuit et l'accompagne depuis l'enfance. Maladie par excellence des écrivains ? s'interroge le narrateur qui n'est jamais en mal de référence. Hugo, Balzac, Maupassant, Sand, Stendhal, Flaubert, Gide ont tous contribué à l'anthologie des grands migraineux de talent. On en parle, on l'étudie mais on ne la vainc jamais. Alors une fois que l'on a tout dit, c'est peut-être la littérature qui peut essayer d'éclairer cette part d'ombre. Dans ses pages, le héros à la tête hachée, après avoir tenté la psychiatrie, interroge, subit, raconte, tente des expériences qui vont le mener dans des lieux inattendus.

  • L'instant précis où Monet entre dans l'atelier

    Jean-Philippe Toussaint

    • Minuit
    • 3 Mars 2022

    A travers une seule image, obsédante, lancinante, celle qui capture l'instant précis où Monet entre dans son atelier, je me suis efforcé de peindre les dernières années de la vie de Monnet.
    C'est dans ce grand atelier de Giverny où il a peint les Nymphéas qu'il se sent à l'abri des menaces du monde extérieur, la guerre qui gronde aux environs de Giverny, la vieillesse qui approche, la vue qui baisse inexorablement. C'est là, dans l'ombre de la mort, qu'il va entamer le dernier face à face décisif avec la peinture. C'est là, pendant ces dix années, de 1916 à 1926, que Monet va poursuivre inlassablement l'inachèvement des Nymphéas, qu'il va le polir, qu'il va le parfaire.
    J.-Ph.T

    En stock

    Ajouter au panier
  • C'est vous l'écrivain

    Jean-Philippe Toussaint

    • Le robert
    • 3 Mars 2022

    Jean-Philippe Toussaint nous offre un texte profond sur la création littéraire : à travers le récit de son périple d'écrivain. Il mêle exploration psychologique et réflexions à portée universelle, et nous confie sa vision de l'écriture, entre recherche, persévérance et jaillissements.
    Un livre d'une beauté stupéfiante, jalonné de documents personnels inédits.

    « Pour écrire, il faut sept yeux, un oeil sur le mot, un oeil sur la phrase, un oeil sur le paragraphe, un oeil sur la partie, un oeil sur la construction, un oeil sur l'intrigue - et un oeil derrière la tête, pour surveiller que personne n'entre dans le bureau où on est en train d'écrire. » Jean-Philippe Toussaint est né à Bruxelles en 1957. Il est écrivain, cinéaste et photographe. Il est l'auteur de dix-huit livres publiés aux Éditions de Minuit. Il a obtenu le prix Médicis en 2005 pour Fuir et le prix Décembre en 2009 pour La Vérité sur Marie. Ses romans sont traduits dans plus de vingt langues. Il a réalisé quatre longs métrages pour le cinéma et a présenté des expositions de photos dans le monde entier. En 2012, il a conçu pour le musée du Louvre l'exposition LIVRE/LOUVRE.

    Ce titre fait partie de la collection SECRETS D'ÉCRITURE, consacrée à l'art d'écrire L'ambition est de rassembler dans une collection référente les plus grands auteurs et autrices de la littérature contemporaine francophone et de dévoiler la fabrique de la création littéraire dans toute sa richesse. Récit intime retraçant le parcours de l'auteur, depuis la naissance de l'écriture jusqu'au succès, chaque livre, signé des plus grandes plumes d'aujourd'hui, est écrit et se lit comme un roman - preuve que l'aventure de l'écriture est aussi captivante que la fiction !

    Si chaque récit raconte la page blanche, les doutes et le travail exigeant, il témoigne avant tout du plaisir à devenir et à être écrivain. On trouvera au fil des chapitres des illustrations, des passages en écriture manuscrite, des brouillons, des croquis représentant l'auteur au travail : ces documents personnels, souvent inédits, donnent à chaque ouvrage l'allure et la vitalité d'un carnet de création. « Secrets d'écriture », c'est la promesse d'un voyage littéraire, une plongée au coeur du mystère de la création littéraire et des trésors de conseils au lecteur.

  • Ainsi parlait Jules

    Sophie Daull

    • Philippe rey
    • 3 Mars 2022

    Ainsi parlait Jules est un autoportrait au vitriol, à deux voix. Alors qu'une femme revient sur divers épisodes de sa vie, ses propos sont systématiquement contredits par un certain Jules. Impostures, petits arrangements, compromissions, duplicités, paradoxes, ce justicier de l'intégrité morale démasque sans pitié les moindres travers de la narratrice. Face à ce torrent brutal, l'accusée déploie en symétrique des pages de son enfance et de son adolescence, de ses histoires d'amour aussi ; un grand lac de souvenirs et de situations où les cruels reproches finissent par doucement se diluer.

    Entre longue scène de ménage aux accents souvent cocasses et plaidoyer pour les invariables faiblesses de la nature humaine, Ainsi parlait Jules nous tend un miroir grimaçant, qui lézarde nos zones de confort. Car ne réveille-t-il pas le Jules tapi en chacun de nous ?

    La beauté de la langue et la finesse de la composition sont au rendez-vous dans ce court roman dense, drôle, souvent dérangeant, où l'auteure se dévoile sans ménagement.

    Que celui qui n'a jamais triché lui jette la première pierre !

  • Les ravissantes

    Romain Puértolas

    • Albin michel
    • 30 Mars 2022

    Mars 1976, Arizona, USA.Un fait divers défraye la chronique aux États-Unis : la disparition, sans mobile apparent, de plusieurs adolescents sème la panique dans une petite ville du fin fond de l'Arizona.

  • Maïca Sanconie

    • Quidam
    • 3 Mars 2022

    Divisé en six parties, le roman est fait de deux récits parallèles, sur environ une année, l'un de Virgile, sculpteur réputé installé à C., village de Haute-Provence, et l'autre de Laura, traductrice littéraire vivant provisoirement à Portland (Oregon), puis à Tokyo.
    Virgile a une cinquantaine d'années, Laura à peine trente. Tous deux s'expriment à la première personne.
    Ils ne se connaissent pas, mais Laura est née dans le village où Virgile s'est installé. Virgile est originaire de Salles-sur Verdon, noyé pour la mise en eau du lac de Sainte-Croix dans les années 1970. Il en est parti peu avant que le village soit abandonné, laissant son amoureuse de l'époque, Lucienne, sans nouvelles par la suite. Laura ne sait pas qui est son père biologique, et ne le découvre qu'à la fin du roman.

  • Seyvoz

    ,

    • Inculte
    • 23 Février 2022

    Tomi Motz, un ingénieur de 50 ans, est mandaté par son entreprise pour contrôler les installations du barrage de Seyvoz. L'histoire tragique de ce barrage - dans les années cinquante son édification a provoqué l'engloutissement d'un village de montagne et la dispersion d'une communauté - remonte à la surface, et Tomi voit sa mission empêchée par une série de dérèglements sensoriels et psychiques. Autour de lui tout tangue, les paysages et les comportements, l'environnement et sa raison vacillent.

  • Reine de coeur

    Akira Mizubayashi

    • Gallimard
    • 10 Mars 2022

    En 1939, Jun est étudiant au Conservatoire de Paris. Mais le conflit sino-japonais le contraint à rentrer au Japon. En quittant la France, il laisse derrière lui son grand amour, sa «reine de coeur», la jeune Anna. L'épreuve de la guerre sera d'une violence monstrueuse.Des années plus tard, Mizuné, une jeune altiste parisienne, découvre un roman qui lui rappelle étrangement le parcours de ses grands-parents, Jun et Anna, qu'elle n'a jamais connus. Bouleversée par la guerre et la folie des hommes, leur histoire d'amour, si intimement liée à la musique, pourrait bien trouver un prolongement inattendu.Le passé récent du Japon et les atrocités commises au nom de la grandeur nationale, la musique vécue comme ce que l'humanité porte en elle de meilleur, la transmission du passé malgré les silences familiaux, l'amour de la langue française:dans ce roman à la fois émouvant et captivant, Akira Mizubayashi continue d'explorer les thèmes qui lui sont chers.

  • Les énigmes d'Aurel le consul t.5 ; notre otage à Acapulco

    Jean-Christophe Rufin

    • Flammarion
    • 6 Avril 2022

    La jeune Martha Laborne s'est évaporée à Acapulco. Mauvaise nouvelle pour le Quai d'Orsay:c'est la fille d'un homme politique français. La «Perle du Pacifique» était dans les années soixante le paradis des stars hollywoodiennes. Hélas, la ville aujourd'hui est livrée aux pires cartels mexicains de la drogue.Aurel Timescu, notre calamiteux Consul, est envoyé sur place.Comme à son habitude, il est fermement décidé à ne rien faire. Son hôtel, le Los Flamingos, est hanté par les fantômes de Tarzan, d'Ava Gardner ou de Frank Sinatra. En suivant ces héros qui l'ont tant fait rêver dans son enfance, il va subir une complète métamorphose.Un Aurel hédoniste, dandy et buveur de tequila se révèle. C'est bien malgré lui qu'il va se retrouver exposé à des intrigues meurtrières, à des dangers inconnus et au plus redoutable d'entre eux:la passion pour une femme exceptionnelle.

  • Le dernier voyage de Salomon Martcher

    Karen Haddad

    • Arlea
    • 6 Janvier 2022

    Que devient un amour lorsqu'il ne trouve pas de lieu où se poser, se reposer?? Peut-il durer, sans attaches, sans cette stabilité qui finit par le fortifier. C'est la question que pose Karen Haddad dans ce beau roman. Marianne et Salomon s'aiment. D'un amour violent, qui bouscule tout sur son passage. Lorsqu'ils se rencontrent, c'est une évidence. Commence alors le début d'une histoire, de leur histoire, faite de rendez-vous romanesques, d'itinéraires secrets, de lieux éphémères. Tout est prétexte à retrouvailles : les gares, les aéroports, les villes étrangères, les hôtels accueillants. Ils courent toujours l'un vers l'autre, s'envoient des milliers de messages, se téléphonent. Les liens qui les attachent restent dans cet espace de liberté apparente où tout est léger, extraordinaire. Mais bientôt l'exaltation des débuts laisse la place au manque et à une certaine frustration. Ils sont faits l'un pour l'autre mais sont-ils l'un avec l'autre?? L'absence de choix, car il s'agit bien de cela, les alourdit, entrave leurs élans. Ils ont tous les deux des raisons de ne pas franchir le pas. Leurs parcours, le poids du passé, la peur de fixer un amour qui n'existe que dans l'illégitimité, toutes ces explications rationnelles nous sont données, comme pour tenter de comprendre l'énigme de Marianne et Salomon.

  • Les douces choses

    Alice Dekker

    • Arlea
    • 7 Avril 2022

    Lorsque j'avais poussé la porte du salon du premier étage, mon souffle avait marqué un arrêt. Il était bleu, bleu comme le sien. Bleu comme son salon en lanterne de Verrières.

    À vingt ans, la narratrice avait fait de Louise de Vilmorin son amie. Une amie de littérature, presqu'un modèle. Des années plus tard, à l'heure de choisir la maison du nouveau départ, la fantasque Louise se rappelle à elle et lui envoie un signe. Les Douces Choses sont une partition à deux voix, où résonne avec ferveur l'attachement aux maisons de famille, où la magie perdue de l'enfance, les amours blessées et le trop-plein de mélancolie se répondent de façon troublante. Et l'on découvre deux femmes qui, loin l'une de l'autre, finissent par se retrouver dans ce qui fait l'essentiel d'une vie : la fidélité à soi-même.

  • Les linottes

    Georges Courteline

    • La grange bateliere
    • 7 Avril 2022

    Paru en 1893, Les Linottes est le roman de la bourgeoisie bohème de Montmartre. Ici, les amours sont libres et le ridicule ne tue pas. Deux fois par semaine, Robert Cozal, jeune rentier viveur et coeur d'amadou, a rendez-vous avec la charmante Marthe Hamiet, sa maîtresse. Quoi de plus pratique qu'un horaire régulier dans ses amours?? Mais une entorse à leurs habitudes fait que Marthe le surprend avec une autre. C'est alors qu'au cours d'un dîner, Frédéric Hamiet, le mari fort imaginatif, se prend d'une amitié soudaine pour Robert et lui propose de monter une opérette... Dès lors, cette joyeuse histoire devient une aventure burlesque sur le théâtre, dans laquelle Courteline portraiture avec ironie les linottes perchées sur la Butte-Montmartre au temps où celle-ci était encore champêtre. Les intrigues sociales de Georges Courteline (1858-1929) sont le portrait sagace et espiègle d'une bourgeoisie insouciante avant les violences du XXe siècle.

  • Ce livre propose une sorte de bibliothèque idéale pour un catholique français en 2022.

    Frappé par le manque de culture de nombreuses personnes diplômées, qui s'intéressent à l'actualité mais ne connaissent pas les philosophes, historiens, sociologues, penseurs qu'elles devraient connaître étant donné leur niveau intellectuel, Charles-Henri d'Andigné propose une liste d'ouvrages majeurs, qui aident à comprendre de manière claire, simple, pédagogique, le monde de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons.

    Sans repères culturels solides, il est difficile d'appréhender les grands enjeux de notre société, prise en étau entre un islam conquérant et des idées déconstructrices de plus en plus sectaires.

    100 petits chapitres pour donner des armes intellectuelles face à une réalité complexe et hostile.
    Les auteurs étudiés sont modernes, des XXe et XXIe siècles, croyants et non-croyants, de droite comme de gauche. Pêle-mêle : Brague, Orwell, Delsol, Viguerie, Gauchet, Debray, Bloom, Lasch, Michéa, Leys, Bernanos, Claudel, Houellebecq et bien d'autres.

  • « Me voici donc, toute nue, toute véhémente, toute dérisoire. Voici les méandres de ma tête et de mon coeur. Voici ma pulpe, le bois dont je suis faite. ».

    P.-S. À ma famille, mes ex et à leurs parents : s'il vous plaît ne lisez pas ce livre.
    Je vous aime.

  • Où naissent les héroïnes

    Claire Vigarello

    • Albin michel
    • 30 Mars 2022

    « C'était drôle, Sylvie avait fait tellement d'efforts pour tout dans sa vie : pour séduire Nino, se faire embaucher, perdre du poids, comprendre ses mômes. Et là, tout d'un coup, son héroïne lui prenait la main, elle voulait vivre, elle voulait jouir, elle disait : "Viens, on s'en fout, le monde est à nous !? ».

    Comment faire quand on est d'une timidité maladive, en surpoids, qu'on a un mari en fin de droits aux Assedic et des ennuis au boulot ?

    Transformer sa vie morose en un roman flamboyant !

    Malicieux et follement tendre, réjouissant de bout en bout, ce premier roman de Claire Vigarello est une irrésistible invitation à réveiller l'héroïne qui est en vous.

  • La couleur des mots

    Tahar Ben Jelloun

    • L'iconoclaste
    • 24 Mars 2022

    Un artiste de renom à la fois peintre et écrivain évoque son travail et ses sources d'inspiration.

    Enfant, Tahar Ben Jelloun dessine sur les grands papiers d'emballage blancs du magasin d'épices que son père tient à Fès, au Maroc. Étudiant, enfermé pendant 19 mois dans un camp disciplinaire, il écrit, en cachette, ses premiers poèmes. Tahar Ben Jelloun, à l'instar d'Henri Michaux, figure parmi les rares artistes à la fois peintres et écrivains.
    À Tanger ou à Paris, il pousse les portes des cinémas, des musées, des librairies avec une irrésistible soif de connaissances. Ses influences sont plurielles et éclectiques. Avec Giacometti, il saisit le tragique de la condition humaine, avec Matisse, l'éclat de la couleur, avec le jazzman John Coltrane, la force de l'improvisation et du rythme.

    Tahar Ben Jelloun est un écrivain engagé : son oeuvre littéraire explore l'exil, l'immigration, la solitude dans une réalité parfois amère et douloureuse. Sa peinture, inspirée de son enfance heureuse au Maroc, du bleu de l'océan, des foulards bariolés de sa mère, célèbre la vie. Écriture et peinture se complètent, se répondent, formant un jeu d'ombres et de lumière, comme autant de facettes de l'homme.

  • Sous d'autres formes nous reviendrons

    Claro

    • Seuil
    • 1 Avril 2022

    Le 7 février 1497, le moine Savonarole fait édifier à Florence un immense bûcher, dans lequel sont jetés oeuvres d'art et accessoires frivoles ; le même jour, Josquin Des Prés compose un lamento à la mémoire du maître de chapelle Johannes Ockeghem. Là où l'un décompose, l'autre propose ; d'un côté les flammes rageuses de la destruction, de l'autre l'eau vive de la déploration.

    Partant de ces deux conceptions opposées de la vanité humaine, Sous d'autres formes nous reviendrons déroule un fil, celui qui va de la reconnaissance d'un vide en nous à notre rapport ambigu face à la mort. Qu'il s'agisse des ensevelis de Pompéi, de l'enfant pétrifié de Sens, des amphithéâtres d'anatomie, des peintures de vanités flamandes, du film La Momie de Karl Freund, ou bien d'événements intimes comme la mort du père, Claro s'interroge - et interroge la poésie - sur le lien qu'entretient l'écriture avec le célèbre adage memento mori- qu'il conviendrait de traduire ainsi : n'oublie pas de mourir.

  • Verdun

    Yann Moix

    • Grasset et fasquelle
    • 9 Mars 2022

    « Alors, comme le font tous les ratés, tous les aigris, tous les éconduits, je m'étais vengé sur des innocents ; j'avais puni un lit défait, un froc souillé, pour oublier les sales météos de mon coeur... L'avenir était le pays des autres. Je n'y étais pas convié. ».

    Après Orléans, qui racontait l'enfance martyrisée du narrateur, puis Reims, où l'on suivait ses pérégrinations lamentables en école de commerce dans la ville des sacres, voici Verdun. Car c'est à Verdun que nous retrouvons cet "immobile enfant" de vingt-cinq ans, cette fois comme aspirant dans l'armée de terre.
    Après des classes à Angers puis à Draguignan où on lui enseigne le métier des armes, le jeune Moix, désormais officier d'artillerie, va connaître, parfois pour le meilleur et très souvent pour le pire, l'épreuve des responsabilités, de la promiscuité et du commandement.
    Nous le suivons ici avec sa section, par monts et par vaux, en campagne ou en caserne, de jour comme de nuit.
    Une fois encore, c'est une galerie de personnages aussi ordinaires qu'extraordinaires qui se déploie sous nos yeux.
    Avec humanité, humour, humilité et la tendresse habituelle que nous lui connaissons pour les déclassés, Yann Moix, plus dur avec lui-même qu'avec quiconque, nous émeut et nous fait rire. C'est sa griffe. Entre manoeuvres et marches de nuit, tirs au Famas et feux de camps, inspection des chambres et chants militaires, nous la retrouvons ici intacte.

  • La fille de Deauville

    Vanessa Schneider

    • Grasset et fasquelle
    • 9 Mars 2022

    Une poignée de femmes et d'hommes radicalisés a décidé de mettre la France à feu et à sang. Pour détruire le capitalisme et les classes dirigeantes qui l'incarnent, elle a opté pour la lutte armée. Braquages, attentats à la bombe, et bientôt assassinats, les terroristes frappent puis disparaissent, dans un souffle âcre de tracts, d'explosifs et de terreur. Leur nom de guerre : Action directe.
    En ce mitan des années 1980, la police a placardé leurs visages flous sur les murs de France. Commence alors une traque intense et chaotique menée par des équipes aguerries qui suivent leurs traces du bitume lyonnais aux fermes les plus reculées, des HLM de banlieue aux librairies de la gauche radicale. Luigi Pareno, solitaire et douloureux, méthodique et taciturne, y consacre toute son énergie, sa rage et ses obsessions.
    Une jeune femme à l'air presque sage, toujours vêtue de jeans, occupe particulièrement ses pensées. La police la surnomme « la fille de Deauville » en attendant de mettre un nom sur son visage. Née dans les beaux quartiers, Joëlle Aubron deviendra l'une deux meurtrières d'Action directe. Pareno l'observe à distance, des rues de Paris à la cellule de Fleury Mérogis où elle est un temps incarcérée, d'une planque en Belgique au Loiret enneigé où elle se cache avec ses amis Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon. Elle l'intrigue, il la hait autant qu'il s'attache.
    La fille de Deauville est le roman de la colère et du feu, d'une folie révolutionnaire qui sème des cadavres sur sa route, et des rêves d'absolu. Traqués, reclus, les membres du dernier carré d'Action directe s'aiment, se désirent, se déchirent, comme dans l'attente d'une fin inéluctable. La vie de Luigi Pareno semble suspendue à leur capture : même sa douce Chantal finit par s'écarter de lui, tant la violence emporte tous ceux qui l'approchent.
    Vanessa Schneider nous propose aujourd'hui le roman de l'impossible révolution, traversé d'espoir et de cris, mais aussi de mélancolie et de douceur. Paysages et silences, lits tièdes ou pavés brûlants, elle nous embarque avec ces femmes et ces hommes qui se croyaient libres.

  • Je ne déserterai pas ma vie

    Sébastien Rongier

    • Finitude
    • 7 Avril 2022

    Peu après la première guerre mondiale, dans les cafés de Montparnasse, une belle Américaine et un jeune artiste français forment un couple libre, moderne. Ils s'appellent Mary Reynolds et Marcel Duchamp. Leur petite maison du 14earrondissement devient vite le point de ralliement de tout ce que Paris compte de talents : Cocteau, Beckett, Dali, Brancusi... Mais quand revient la guerre, Marcel se réfugie aux États-Unis. Mary, elle, « ne déserte pas ». Elle est devenue parisienne et le restera. À tout prix. Elle est prête, pour cela, à tout risquer, même sa vie. Commence alors le temps de la Résistance.

  • Les idées noires

    Laure Gouraige

    • P.o.l
    • 6 Janvier 2022

    « Vous vous réveillez un matin, vous êtes noire ».
    Ainsi commence le nouveau livre de Laure Gouraige. Un message laissé par une journaliste invite la narratrice à la radio pour témoigner du racisme dont elle est victime. Assommée par cet appel, elle retourne se coucher.
    Mais voilà, embarras, interrogation. Suis-je noire ? Métisse sans doute, de père haïtien mais depuis longtemps exilé en France. Ah oui, Haïti ! Le souvenir de Sissi, une formidable grand-mère. Et quoi d'autre ? « L'île existe étonnamment vivante et morte. Jamais vous n'irez là-bas. » Devant le miroir, elle est un peu noire. Certainement plus que la veille. Et encore bien plus le lendemain.
    Pourquoi personne ne l'a prévenue ? Pourquoi ne s'est-elle jamais « vue noire » auparavant ? Espérant devenir plus noire qu'elle ne l'est vraiment, la narratrice entame une quête aux apparences absurdes, souvent irrésistibles.
    Mais en explorant son histoire haïtienne manquée, celle d'un pays pour lequel elle n'avait jusqu'alors aucune affection, elle se sent soudainement impliquée dans une continuité rompue par l'exil de sa famille. Elle, petite pièce rapportée, se met à désirer ce qu'il y a de plus laid dans l'identité. Que peut-elle créer à partir d'un héritage raté ? Une histoire familiale perdue qu'elle comble par des inventions. Cependant, malgré ses artifices, certains manques resteront à jamais béants. Malgré un drôle de voyage à Miami et un aller-retour en Haïti.

empty