Errol Flynn

  • L'autre-différent, est-ce le frère, le cousin, le voisin, l'habitant de l'autre village, de l'autre pays, de l'autre continent ? Et la différence, sur quoi porte-t-elle ? Sur la couleur, la morphologie, la religion, le sexe, la culture, la nationalité, la classe sociale, l'économie, la génétique, etc. ? Quelle différence sera inacceptable, pourquoi et pour qui ? Si la différence est ce par quoi se constitue l'identité, la haine de l'autre-différent comme moyen de la consolider, ne renverrait-elle pas à la faiblesse, sinon au sentiment de faiblesse de ladite identité ? Du "Barbare" des Grecs du Ve siècle av.
    J.-C. aux non-ariens du XXIe siècle, l'autre-différent a fait l'objet de divers discours destinés à le situer par rapport à soi, le plus souvent comme sous-humain, à l'exploiter, à l'éliminer, ou à le garder le plus éloigné possible de soi, dans le chef de l'Occident. Des savants ont consacré beaucoup de temps à établir des critères de différenciation les plus fins et les plus objectifs. Pourquoi lui consacre-t-on tant d'énergie ? Cela est-il le propre de tous les peuples ? L'identité blanche serait-elle réellement en danger depuis plus de deux mille ans face aux identités dites "de couleur" ? Nous avons essayé de répondre à ces questions en détournant le projecteur de l'objet de haine et de rejet vers le sujet haïssant et rejetant.

  • Dans Ce qui m'est réellement arrivé en Espagne et Moi et Castro, respectivement publiés en 1937 et 1959, on retrouve Errol Flynn tel qu'en lui-même, synthèse éthylique d'Albert Londres et du baron de Münchhausen, sorte de précurseur du journalisme gonzo. Le premier reportage évoque ses déboires à Madrid où il est soi-disant venu remettre un million de dollar à la cause républicaine. Au lieu de quoi, il fait du tourisme de guerre en compagnie d'un espion nazi et s'emploie à ne pas mourir. Vingt-deux ans plus tard, Errol n'est plus que l'ombre de lui-même, usé prématurément par la malaria, la vodka et les substances illicites. Toujours en quête de sensations fortes, il part à la rencontre de Fidel Castro et de ses guérilleros en pleine révolution cubaine. S'il ne cache pas sa sympathie, voire son admiration pour les insurgés, il lui faut néanmoins surmonter un sérieux obstacle : comment étancher sa soif parmi des gens qui ont juré de ne pas toucher à une goutte d'alcool jusqu'à la victoire finale ?

  • Ce roman truffé d'éléments autobiographiques met en scène un jeune et séduisant Irlandais échoué dans la Nouvelle-Guinée du début des années vingt. Ses déboires d'aventurier conradien ne sont pas éloignés des souvenirs personnels de l'auteur. Comme lui, il vit d'expédients et compte sur son audace pour s'en sortir. Tous les passages de L'Epreuve de vérité dans lesquels Flynn parle de Shamus sont autant de témoignages sur lui-même et le style d'existence qu'il mena à une époque où la Papouasie apparaissait aux Australiens comme un nouvel Eldorado.

    Le synopsis de ce « roman colonial » pourrait être celui d'un film d'aventures des années 30. De l'aventure, de l'exotisme, de l'évasion. et des grands sentiments. Si l'action est rythmée et les personnages bien campés, l'histoire n'en est pas moins du niveau d'un roman de gare. Ce qui en rend la lecture réjouissante, c'est le collage de scènes de genre presque comiques avec des descriptions d'un réalisme pittoresque. Le roman est à l'image d'Errol Flynn : on a envie d'en rire mais on ne peut s'empêcher de lui reconnaître du charme et de l'originalité, un peu à l'image du Baron de Münchhausen. D'ailleurs Errol Flynn, menteur de légende, n'était-il pas surnommé le « Baron » ?

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