Yannick Mouren

  • La comédie au cinéma n'a pas vocation qu'à faire rire, elle est aussi un subtil moyen d'exprimer des idées subversives. Car la censure baisse souvent la garde devant la comédie, qui peut se permettre d'attaquer tabous et interdits beaucoup plus efficacement. Cela nécessite un fin dosage?: être suffisamment choquant pour provoquer rire et réflexion critique, mais ne pas l'être trop, pour ne pas susciter rejet ou censure. Le tout dicté par un impératif économique?: les producteurs ont toujours voulu éviter que les films n'affichent trop ostensiblement un «?message?», pour ne pas risquer de déplaire. La comédie est d'autant plus facilement acceptée qu'elle semble correspondre à l'idée que l'on se fait du cinéma?: un pur divertissement. Il est ainsi paradoxalement plus facile d'y glisser des idées critiques.
    Mais cet avantage se paie au prix fort?: les comédies accèdent rarement à la légitimité culturelle et, dans la hiérarchie du cinéma, elles sont reléguées après les genres «?sérieux?». Il suffit de constater le faible nombre de comédies dans les palmarès des grands prix.
    Il ne s'agit bien évidemment pas de recenser de façon exhaustive toutes les comédies filmiques transgressives de l'histoire du cinéma, mais de dégager quelques lignes de force en une cinquantaine de titres, tous accessibles, situés, pour la plupart, entre 1920 et 1980, date à partir de laquelle le cinéma est moins en butte à la censure, et où la comédie cesse d'être un refuge.

  • Federico Fellini en réalisant Huit et demi (1962) a fait de la création cinématographique un sujet possible de film. Ses épigones ont pour noms Wajda, Fassbinder, Truffaut, Allen, Moretti, Wenders, Godard, Ferrara, Kiarostami, Garrel, Breillat. Cet ouvrage explore le concept de film-art poétique et l'illustre par une douzaine d'exemples plus ou moins connus, tels que : La Nuit Américaine, Passion, Intervista, L'Etat des choses et aussi, Tous est à vendre, Prenez garde à la sainte putain, Sogni d'oro, Snake eyes, Au travers des oliviers, Sauvage innocence, Sex is comedy.

  • Même si l'image est toujours au présent, le récit filmique peut transporter le spectateur dans le passé. Une grande part de la « magie » du cinéma tient à cette capacité singulière qu'il a de partir à reculons, à l'improviste, et d'appuyer l'évocation du présent par la reconstitution subite du passé. De Soudain l'été dernier à Kill Bill, le cinéma s'attache à construire et résoudre maintes énigmes, et à épouser les jeux subtils et enchanteurs de la mémoire.Ce voyage temporel s'accomplit via la figure narrative que l'on nomme flash-back. L'objectif de cet ouvrage est d'en offrir une analyse sous l'angle narratologique (la relation du flash-back au reste du film), sous l'angle technique du montage (les ponctuations utilisées pour signifier le passage à la séquence située dans le passé), enfin sous l'angle sémantique (les significations, valeurs et fonctions du syntagme rétrospectif).L'étude ne serait pas complète sans une approche historique qui met en lumière l'évolution de l'emploi et des modalités de ce procédé narratif et sa présence dans certains genres, comme le film noir. Sont enfin analysées les oeuvres marquant une rupture dans l'utilisation du flash-back.Illustré par des exemples empruntés aux époques et aux filmographies les plus diverses, ce livre sera utile à tous ceux que le cinéma intéresse, étudiants, enseignants et bien sûr cinéphiles.Yannick Mouren est docteur en études cinématographiques et chargé de cours à l'université de Paris I.
    Ordre. Les quatre concepts cardinaux. Le flash-back externe, partiel (continu ou discontinu), unique. Le flash-back externe, complétif. Le flash-back externe, semi-complétif, continu, raccordant. Le flash-back partiel, interne. Procédés d'enchâssement. Signes placés avant et après le flash-back. Signes placés pendant le déroulement du flash-back. Signe zéro. La métalepse narrative. Le flash-back gigogne. Le flash-back numérique. Sémantique. Fonctions. Valeurs. Histoire. Le cinéma muet. Les années 1930. Les années 1940. La situation du flash-back dans le cinéma classique. Les films-ruptures. Jeu avec les complexifications. Le flash-back aujourd'hui : jouer avec l'anticipation spectatorielle. Le flash-back demain, les films rétrogressifs.

  • 1935, premier film en couleur : Becky Sharp, de Rouben Mamoulian et Lowell Sherman.

    1968, la couleur est partout.

    Entre les deux, réalisateurs et directeurs de la photo se sont posé la question : « Que faire de la couleur ? ». Les grands cinéastes en ont tiré profit, en l'opposant de manière significative au noir et blanc, en la raréfiant pour la faire oublier, en en faisant un système de signification propre, en l'intensifiant. « Opposer », « raréfier », « systématiser », « intensifier », quatre réponses possibles qui constituent le coeur de cet ouvrage. En s'appuyant sur des films majeurs de l'histoire du cinéma (Providence, Stalker, Trois couleurs, Bleu, blanc, rouge, Vertigo, Pas de printemps pour Marnie, Le Bonheur, Les Chaussons rouges, Juliette des esprits, New York, New York, Coup de coeur, Pierrot le fou, Eyes Wide Shut, Le Désert rouge, Blow-up), sur des genres cinématographiques (comédie musicale, science-fiction, fantastique, féérique) ou des écoles (seconde comédie américaine, Nouvelle Vague, esthétique publicitaire), l'auteur explore l'aventure de la couleur au cinéma.

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