Anacharsis

  • La narratrice est une jeune ethnomusicologue venue enquêter sur des chants de bergers entendus au-dessus de Crottarda, village enfoui au fond d'une vallée privée de soleil. Plongé dans une perpétuelle pénombre, il trempe dans une humidité froide et dévorante, qui n'empêche guère ses habitants de se faire facétieux, à l'occasion.
    À l'arrivée des rares visiteurs, ils se donnent des allures de monstres difformes auxquelles la grisaille ambiante prête un air de réalité. D'abord bien accueillie, la jeune chercheuse va se trouver pourtant en butte à leur inexplicable hostilité. Bientôt, leurs pitreries deviennent inquiétantes, mais elle s'enfonce malgré tout dans les mystères spongieux qui enserrent Crottarda.

  • Teke

    Mika Biermann

    Il existe dans tous les mondes possibles une Entité cosmique, invisible et inaudible. Vivante, elle se découvre soudain souffrir ; muette, elle appelle au secours. Un commando de jouets mutants surentraînés va tenter l'opération de sauvetage. En vain.
    Les affres de l'Entité cosmique - et le parcours de nos héros - sont relatés au travers de cent trente récits brefs emprisonnés dans ce kaléidoscopique Téké. Chacun reflète simultanément nos propres angoisses, joies et douleurs, et notre pathétique et merveilleuse solitude dans l'univers. Pris dans leur totalité, ils traduisent la vie qui palpite au-delà de nos capacités d'entendement.

  • Voilà l'été. Berthe Morisot, peintre impressionniste, et Eugène Manet, son mari affable, quittent Paris pour une partie de campagne. Ils posent valises et chevalet dans une maison champêtre, havre d'une douceur estivale propice à toutes sortes d'expérimentations nocturnes.

    Dans ce roman formant un diptyque avec Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Mika Biermann confond allègrement mots et couleurs, phrases et perspectives, écriture et peinture.
    De ces pages, comme d'autant de toiles, surgissent des méditations corrosives sur la chair comme matière à peindre.

  • L'oeil chafouin, le poil hirsute, Paul Cézanne crapahute dans la garrigue, suant sous son melon, le chevalet harnaché sur le dos comme à un baudet. Apparaît la bottine d'une femme gisant sur un talus, et c'est le drame.
    Trois jours dans la vie de Paul Cézanne suffisent à Mika Biermann pour faire sauter les écailles de peinture, gratter la trame, ajourer jusqu'à l'os le portraitiste de la Sainte- Victoire.
    Il transforme un thriller sordide en une Odyssée sur une mer de peinture, dans des pinèdes et des sous bois aux nuances fauves, sur les traces du peintre bourru, vaniteux et obsédé par des chimères grotesques qui n'engendrent pas la mélancolie.
    On en termine la lecture avec les doigts maculés de couleurs vives et l'oeil fringant.

  • Thessalonique, janvier 833. Léon le protospathaire (« Premier porte-glaive »), mandaté par l'empereur Théophile, vient enquêter sur les affaires de l'archevêque. La ville, engourdie par le froid, est emplie de rumeurs. Au palais du gouverneur, à l'archevêché ou parmi les plus fortunés, les complots s'insinuent comme les reptiles dans des canalisations. Les couvents, où l'on révère les icônes malgré l'interdiction officielle, sont le refuge de femmes meurtries mais décidées. La cité est hantée par un répugnant « fou de Dieu », qui ne s'exprime qu'à travers les paroles des Psaumes. À peine Léon arrive-t-il qu'il trouve le gouverneur assassiné. La propre femme de celui-ci s'accuse du crime. Mais le protospathaire n'y croit pas, et se met en devoir de rétablir la justice.

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