• «Il suffit parfois de quelques pages, de quelques phrases, de quelques mots pour nous entraîner très loin, même si l'on ne quitte pas sa chaise dans les jardins du Luxembourg. Ces grands voyages immobiles figurent parmi les charmes de l'existence. Aussi, dans une époque saisie par la modernité, faut-il être résolument démodé, rétrograde même : continuer de fumer la pipe, de lire dans le métro ou les jardins publics, et d'employer l'imparfait du subjonctif - le temps le plus vieillot, le moins commode et le plus bougon de la langue française, mais si nostalgique et si sympathique sous ses grands airs!
    D'Aragon à Zweig, voici quelques-uns des écrivains, des livres qui ont accompagné mes promenades dans la vie. Parfois, au détour d'une page, ils évoquent les "pourquoi" de la littérature. On écrit, peut-être, pour célébrer la présence, la beauté des choses, et conjurer l'absence des êtres.».
    François Bott.

  • René, professeur d'histoire mélancolique qui sent la vieillesse approcher, revient à Paris après un colloque sur Napoléon à New York. Il y retrouve Marianne, son assistante, jeune femme pleine de vie avec qui il partage sa passion pour l'Empereur et pour les écrivains qui l'ont raconté. Stendhal, Chateaubriand, Bloy, Zweig, Dumas ou Burgess, tous alimentent la fascination de Marianne et l'antipathie de René pour cette «star de l'Histoire», alibi parfait des deux personnages pour ne pas nommer l'amour qui naît entre eux, au fil de leurs discussions jusqu'à l'aube.
    Un amour à Waterloo est suivi de six autres nouvelles, où François Bott fait rimer amour et littérature.

  • « Elles sont à l'opposé des femmes extrêmes. Le contraire des femmes fatales. Ce sont les gourmandes, les femmes de plaisirs, les dames de coeur. Épicuriennes par nature et par inclination, par vocation, Mme de Sévigné, Mme de Tencin, Juliette Récamier, Colette, Arletty, Louise de Vilmorin, Françoise Sagan se ressemblaient, malgré les différences d'époque, de style et de mode. Elles avaient un air de famille. C'étaient des héroïnes de la vie, des charmeuses de l'existence, et celle-ci leur rendait la politesse. Elles croyaient à la légitimité du bonheur et mettaient le malheur en résidence surveillée », écrit Françoit Bott. Il évoque aussi Virginia Woolf et Katherine Mansfield, qui auraient pu se rencontrer un après-midi de septembre 1917 à Londres.

    /> François Bott a l'art, en quelques pages délicates et légères, de restituer une allure, une silhouette, une insolence à vivre.

    Un bonheur de lecture pour les amateurs de femmes.

  • «Je suis amateur d'aphorismes et de maximes. Je les collectionne, et les cite volontiers. Des aphorismes du genre : "Le temps passe, c'est une mauvaise habitude qu'il a prise." C'est chic dans les dîners, mais cela agace parfois mes amis. Ils me permettent un aphorisme par repas. N'empêche, c'est mon genre littéraire préféré, avec les portraits et les nouvelles.
    Puisque la vie est un voyage, comme l'affirme Mme de Staël, voici une cinquantaine d'aphorismes pour les transports parisiens - les autobus et le métro.»

  • De Montaigne, qu'il dépeint comme " notre cousin de province le plus aimable ", à Montesquieu, dont il rappelle qu'il eut l'idée d'une étude sur le goût en prenant de la liqueur de cerise chez Mme du Deffant, François Bott arpente, en promeneur éclairé, trois siècles d'histoire littéraire, entre le crépuscule du Moyen-Age et l'éclat des Lumières.
    Il brosse, par petites touches pleines de vivacité, le portrait de hautes figures de la littérature, de Villon à Voltaire. Et c'est avec la même allégresse qu'il dépeint les " seconds rôles ", parmi lesquels Bussy-Rabuti, cousin de la marquise de Sévigné, auteur impertinent d'une Histoire amoureuse des Gaules, " trop dissipé dans un siècle tellement tenu ".

  • « Il a traversé le siècle avec son éternel mégot, et son fantôme déambule encore dans Paris, faisant l'éloge des passions de jeunesse ou le procès (narquois) des empêcheurs de vivre. Avec une antipathie particulière pour les amiraux, et beaucoup d'affection à l'égard des plombiers-zingueurs... ».
    Ces deux phrases, merveilleuses de précision et de concision, ressuscitent Prévert. Il en va de même pour la quarantaine d'écrivains réunis dans ce recueil de portraits et de chroniques : les voici croqués sur le vif, de Marcel Aymé à Léon Werth, en passant par Raymon Chandler, Joseph Kessel ou Boris Vian. Entrer dans leur intimité, les découvrir « en robe de chambre », ne retire rien à leur oeuvre, bien au contraire : comme l'écrit François Bott dans sa préface, « sous l'influence de leurs écrits, la vie des auteurs revêt, en effet, les apparences et les couleurs d'une mythologie ».

  • " maman nous a faussé compagnie.
    Elle avait quatre fils. nous l'appelions gina. il faisait beau. c'était impardonnable, et nous réprouvions le contraste entre les états d'âme et la météo. ma mère ne voulait déranger personne. peut-être considérait-elle comme une indiscrétion de souffrir et de mourir sous le regard des autres. elle a tout laissé en ordre avant de partir, sauf nos sentiments. ".

  • Ce courrier clandestin adress aux fantmes de la Religieuse portugaise, de Cocteau ou Georges Orwell, a t crit par gratitude et courtoisie envers des auteurs qui ont aid F. Bott se trouver.

  • " Les Parisiens allaient voir Citizen Kane, le film d'Orson Welles.
    Yvon Petra gagnait le tournoi de Wimbledon, et Marcel Bernard celui de Roland-Garros. Sans doute avons-nous passé les vacances de 1946 à Vorges. Car nous ne pouvions retourner à Deauville. Les plages de Normandie n'étaient pas encore déminées, et les stations balnéaires n'avaient retrouvé ni leur visage ni leur vocation.
    Je dévorais des romans en croquant une pomme, les soirs d'été, dans la salle à manger de ma grand-mère ou dans ma chambre.
    Quel délice, la lecture, quand on a onze ans ! La réalité s'éloigne et se retrouve à des années-lumière. On oublie le monde entier. Et les heures passent et deviennent tardives sans nous avertir. Il est déjà presque minuit. Alors, il faut éteindre à regret et s'endormir sans connaître la suite. Ce fut l'été des Quatre Filles du docteur March et des Trois Mousquetaires. J'étais amoureux à la fois de Meg, de Jo, de Beth et d'Amy.
    Cependant, je les ai trompées assez vite avec Mme Bonacieux. Elle avait davantage de charme que les quatre filles réunies. Hélas ! Alexandre Dumas faisait mourir Constance à la fin du livre, et je lui en voulais. D'Artagnan était désespéré. Moi aussi, malgré les consolations et les preuves d'amitié que nous apportaient Athos, Aramis et Porthos. "

  • Entouré de jeunes et jolies infirmières, Van Dongen vit ses derniers jours à Monaco en mai 1968. Atteint, entre autres, de la maladie de Parkinson, il n'aura pas le loisir de les déshabiller, de les peindre et de les aimer. Alors il se souvient et reviennent sur ses lèvres ses conquêtes féminines, ses amis Picasso, Max Jacob, Arthur Cravan.

    Cette confession imaginaire est un enchantement perpétuel. Une valse folle dont on voudrait ralentir le rythme pour ne pas arriver à la dernière page.

    C'est aussi un hymne à la vie, à l'amour, aux femmes et à leur corps.

  • Au Vésinet, dans les jardins où elle déjeune chaque jour en solitaire, une jeune bibliothécaire fait la rencontre d'un vieil homme. Un jour, il meurt. Dans le journal, elle apprend qu'il s'appelait Émile-Auguste Chartier.
    Au Stade de France, un petit garçon qui vient de perdre son grand-père s'interroge. Devant le match France-An- gleterre, sans le savoir, il touche du doigt la notion de métaphysique.
    À Argenteuil, dans un collège technique, un surveillant remplace le professeur de français et instaure des par- ties de poker en classe pour mieux parler de Rimbaud.
    À Bois-Colombes, une jeune femme des PTT s'écrit des lettres à elle-même et se raconte son propre chagrin d'amour - se remettra-t-elle de sa passion pour J.T. Ma- lone ?
    /> François Bott ravive des figures de la littérature (person- nages ou auteurs, poètes ou philosophes, classiques ou contemporains). Fin stratège, il les place dans Paris et sa banlieue comme les pions d'un jeu de piste, en fait des personnages d'arrière-plan qui soufflent discrètement la réplique aux héros fatigués du quotidien - de la pos- tière bovaryste à la Néfertiti des grands boulevards, en passant par le chauffeur de taxi stendhalien. Chacun de ces dix-huit récits redonne un peu de couleur au gris de l'hiver, des années, de la mélancolie francilienne.
    Sur Écrivains en robe de chambre :
    « Dans la maison littérature, François Bott est chez lui. » Pierre Maury, Le Soir Sur Aphorismes pour l'autobus & le métro :
    « Paris devient une immense scène de théâtre et une excitante carte du Tendre. » Marie France

  • " Pourquoi cet éloge du contraire et l'apologie du paradoxe ? Parce que le paradoxe est une façon particulière de ressentir les choses et de regarder le monde.
    Presque une philosophie de la vie, une manière de (mieux) respirer ".

  • Robert et René Maupas, Rose, Juliette, Jim Anderson, Lady Brett, Gatsby, Cécile et même les silhouettes de passage, comme la mascotte ou Léon Morand... Tous les personnages de ce roman montrent l'existence comme un grand jeu de cache-cache entre divers destins qui finiront par se recouper, se rejoindre, avec une impression de " déjà vu ", pour illustrer la phrase de Paul Eluard : " Le hasard n'existe pas. Il n'y a que des rendez-vous. "Et comme si l'amour, les sempiternelles raisons du coeur étaient le seul rempart, si précaire, si fragile, contre le naufrage, la défaite de toute vie.Tout cela sur fond de rumeurs, de bruit, de fureur : les tourments, le tumulte et la tourmente de l'Histoire, servis par un style majestueux et un humour à fleur de mots.

  • Le genre féminin

    François Bott

    "Les femmes mythologiques, les femmes quotidiennes, les femmes fatales, les femmes miséricordieuses, les femmes charmantes, les femmes charmeuses, les femmes de pouvoir et les dames de coeur.. C'est le sujet favori des conversations entre les hommes, particulièrement les Français. Déjà Stendhal et son ami Prosper, je veux dire Mérimée, dissertaient pendant des heures sur ce thème, car les femmes resteront toujours un mystère pour l'espèce masculine, y compris le commissaire Maigret et Philip Marlowe lorsqu'ils entreprennent d'élucider les affaires sentimentales."

  • Du "France-Soir" de Pierre Lazareff au "Monde", dont il dirigea le supplément littéraire, en passant par "L'Express" et "Le Magazine littéraire", François Bott a promené son exigence et son impatience dans une République des Lettres dont il a très vite saisi les postures et impostures. C'est donc avec un bonheur rare qu'il étrille Marguerite Duras, Alain Robbe-Grillet, Françoise Giroud, Claude Sarraute, Jean-Edern Hallier, etc. Mais l'essentiel de cette magnifique "Traversée des jours", ce sont des portraits écrits au fil de l'amitié ou de l'admiration. On croise ici Roger Vailland, Alphonse Boudard, Simone Signoret, Barbara, Tahar Ben Jelloun, E. M. Cioran, Louis Nucéra, Ernst Jünger, Jacques Laurent, Françoise Sagan et tant d'autres dont on entend les voix, à lire François Bott. Un festin jouissif pour tous les amoureux des livres et de la vie.

  • Vel'd'Hiv'

    François Bott

    Connaissez-vous l'adresse du paradis ? Pour Raymond et Simon, deux écoliers devenus des amis inséparables, le paradis - le jardin des rêves, la cathédrale des chimères, le palace de l'enfance -, c'était le Vel'd'Hiv", le vélodrome d'Hiver, à l'angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton, dans le quinzième arrondissement. Simon, fils d'un médecin juif, et Raymond, fils du concierge du Vélodrome, en connaissaient tous les recoins, tous les secrets et toutes les légendes, toutes les mythologies. Car, dans les insouciantes années 1930, le Vel'd'Hiv était le temple du cyclisme sur piste et de la boxe. Les Six-Jours et de grandes rencontres pugilistiques s'y déroulaient, sans oublier les meetings du Front populaire. À l'extérieur de la piste en bois, il y avait les gradins populaires et, à l'intérieur, le restaurant à la mode, où se retrouvaient les people, comme on dit à présent. D'un côté, le Tout-Paname et, de l'autre, le Tout-Paris, dans lequel des demi-mondaines jetaient aux coureurs des bouquets de violettes. Le Vel'd'Hiv" prouvait que Paris était une fête. " Que fais-tu ce soir ?" demandait-on. Réponse : " Je vais à Grenelle. " Puis, les 16 et 17 juillet 1942, ce fut la grande rafle. Complice des nazis, la police française arrêta des milliers de Juifs, qui furent rassemblés au Vélodrome d'Hiver. Le rendez-vous de toutes les festivités devint le lieu de la tragédie. L'enfer après le paradis. Raymond aperçut une dernière fois Simon et son père, avant qu'ils ne disparaissent dans la foule, pour être emmenés vers le Grand Nulle Part.
    Vel'd'Hiv raconte le destin de deux enfants, deux amis, emportés dans la tourmente de l'Histoire et séparés l'un de l'autre, alors qu'ils se croyaient inséparables. Un roman servi par une écriture d'une impitoyable légèreté.

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