• En 1920, Al Capone débarque sans le sou dans les bas- fonds de Chicago. C'est un individu vulgaire, attifé de façon voyante, qui a le juron facile. Il n'a pas encore de ventre, mais des muscles d'acier...
    En 1930, Al Capone est le magnifique seigneur du grand domaine de Palm Island, à Miami, Floride ; il est le joyeux hôte des « Falstaffiens » et préside les ébats de ses invi- tés dans une piscine de marbre ; il est un habitué des pre- mières, où il se rend, accompagné d'une garde du corps plus nombreuse que celle du Président des États-Unis :
    Dix-huit « gentilshommes » en smoking, à l'oeil et au geste prompts, disséminés stratégiquement dans la salle, se lèvent comme un seul homme quand le « Boss » sort fu- mer une cigarette à l'entracte ; il parcourt les promenades de Chicago dans une auto qui lui a coûté 20 000 dollars, une limousine de sept tonnes, blindée par en-dessus et par en-dessous, garnie de doubles panneaux de verre à l'épreuve des balles, précédé d'un courrier dans une Ford et suivi d'un car chargé de « tueurs » émérites : et les agents du fisc évaluent sa fortune à 20 millions de dollars !
    Les événements qui consituent l'épopée bien moderne d'Al Capone se déroulent comme un film invraisemblable, mais sont d'autant plus typiques de la vie américaine d'au- jourd'hui, où, une fois de plus, le revolver fait la loi, comme au temps du corsaire Morgan, du requin Jay Gould et du « Grand Patron » Tweed.
    Titre paru en 1931 aux Éditions du Sans Pareil, n° 2 de la collection « Les Têtes brûlées »

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