• Voici l'une des autobiographies les plus franches et les plus divertissantes de l'histoire littéraire ; voici un jeune auteur qui confesse, avec une désarmante et insolite franchise, ses désirs, ses ambitions et ses faiblesses. On a comparé ce journal à celui de Samuel Pepys et aux Confessions de Rousseau. Il y a des traits communs, mais Rousseau est un romantique, Boswell un classique. Rousseau compose un récit ; Boswell note au jour le jour ce qu'il fait et ce qu'il entend. Rousseau gémit sur ses échecs ; Boswell se moque des siens, avec une savante ingénuité.

  • Poète, lexicographe, critique et moraliste, le Dr Samuel Johnson trouva en James Boswell un biographe idéal.
    Le livre que ce dernier tira de leurs entretiens est un chef-d'oeuvre que Macaulay considérait comme la meilleure biographie jamais écrite, et Carlyle comme un ouvrage " au-delà de tout autre produit du XVIIIe siècle ". Voici donc enfin la traduction française intégrale d'un des monuments de la littérature et de la culture anglaises. " Sa figure a frappé de stupeur ses contemporains. Ses traits ont été fixés par le peintre Reynolds, qui était de ses amis et de ses commensaux, en une image parlante : la carrure large, le cou enfoncé entre les épaules, un front étroit, plissé, des lèvres épaisses, une lourde tête offusquée d'une vaste perruque de guingois, un grand tricorne clabaud toujours sur les yeux, un habit de grosse toile noire, dont il coulait la pièce à fond, et boutonné tout au long, le visage vérolé et mélancolique.
    On eût dit, à vingt ans déjà, qu'il entendait tomber ses dernières années comme les gouttes d'une pluie d'hiver sur le pavé. L'irritabilité de son caractère était telle que non content de se ronger les ongles jusqu'au sang, il se raclait en plus les phalanges avec un canif. Il frappait encore par une trépidation perpétuelle et une singulière gesticulation. Voilà pour l'extérieur. A l'intérieur, un volcan.
    Pour le monde, un dictateur des lettres. Boswell vint à Londres vers 1760, tiraillé entre la volonté de son père, qui voulait lui faire faire son droit, et sa vocation personnelle, qui était de rencontrer des hommes célèbres et de fréquenter des actrices et des dames de petite vertu. Il concilia ses devoirs filiaux et ses inclinations le jour où, dans l'arrière-boutique d'un libraire de Great Russel Street, il fit la connaissance du fameux docteur Johnson, sans se douter que la biographie minutieuse, luxuriante et diffuse qu'il lui consacrerait, lui assurerait, dans le rayonnement d'un astre, l'immortalité d'un satellite.
    " (Gérard Joulié)

  • In Boswell's Life of Samuel Johnson, one of the towering figures of English literature is revealed with unparalleled immediacy and originality. While Johnson's Dictionary remains a monument of scholarship, and his essays and criticism command continuing respect, we owe our knowledge of the man himself to this biography. Through a series of wonderfully detailed anecdotes, Johnson emerges as a sociable figure with a huge appetite for life, crossing swords with other great eighteenth-century luminaries, from Garrick and Goldsmith to Burney and Burke - even his long-suffering friend and disciple James Boswell. Yet Johnson had a vulnerable, even tragic, side and anxieties and obsessions haunted his private hours. Boswell's sensitivity and insight into every facet of his subject's character ultimately make this biography as moving as it is entertaining.

    Based on the 1799 edition, Christopher Hibbert's abridgement preserves the integrity of the original, while his fascinating introduction sets Boswell's view of Samuel Johnson against that of others of the time.

  • Edinburgh-born James Boswell, at twenty-two, kept a daily diary of his eventful second stay in London from 1762 to 1763. This journal, not discovered for more than 150 years, is a deft, frank and artful record of adventures ranging from his vividly recounted love affair with a Covent Garden actress to his first amusingly bruising meeting with Samuel Johnson, to whom Boswell would later become both friend and biographer. The London Journal 1762-63 is a witty, incisive and compellingly candid testament to Boswell's prolific talents.

  • Rousseau appelait la Corse le seul pays d'Europe encore capable de législation et avait accepté de rédiger une constitution pour cette nation nouvellement créée.

    Le jeune écrivain britannique Boswell apporta sur l'île le message du philosophe. Reçu avec enthousiasme par un peuple en armes qui voit en lui l'ambasciadore inglese, il rencontra le chef des Corses, l'illustre Pascal Paoli, dont il dresse un portrait en même temps qu'il décrit les murs et les paysages de la Corse, ses institutions politiques, son agriculture, son artisanat. De retour à Londres, Boswell plaidera la cause du « père de la Patrie » pour empêcher que les Britanniques ne s'interdisent le commerce avec les « rebelles corses ».

    Publié en 1768 en anglais et aussitôt traduit en français, l'ouvrage connut un succès éclatant. Il fit connaître la Corse jusqu'en Amérique, où les Fils de la Liberté acclamèrent Paoli.
    Cette première réédition depuis plus de deux siècles est présentée avec une longue et passionnante introduction de Lady Dorothy Carrington, célèbre Corse d'adoption contemporaine et l'un des meilleurs connaisseurs de cette contrée.

  • Un manifeste de liberté au siècle des Lumières "Plus les problèmes sont graves, plus grand est le nombre d'incapables auxquels la démocratie fait appel pour les résoudre." Cette réflexion de Nicolas Gomez Davila semble être le miroir du "problème corse". Plus de deux siècles après l'annexion de l'île, contre la volonté des Corses, par la France, la Corse reste l'épine dans le talon du pouvoir français.
    Ecrit en 1765, au moment où les Corses cherchent à se libérer du joug de l'occupation génoise, le livre plein de sympathie de l'Ecossais Boswell est un fervent plaidoyer en faveur de la couveraineté du peuple corse, dont il se fera l'ambassadeur jusqu'auprès du roi d'Angleterre.
    "Que je chasse la Corse de mon esprit ? Que j'en chasse tout honneur, toute humanité, toute amitié, toute piété ? Non pas. Tant que je vivrai, la Corse et la cause des courageux insulaires occuperont toujours une grande partie de mon attention." "Qui languit dans les fers ne se saurait mouvoir avec aisance, ni avec grâce, rien ne se peut espérer d'élégant ou de noble chez ceux dont les esprits sont asservis par la tyrannie et les capacités bridées par des entraves. (...) Là-bas, une nation courageuse et résolue livre depuis plus de trente-six ans une lutte constante à l'oppression de la république de Gênes. Ces vaillants insulaires ont longtemps passé pour une bande insignifiante de mécontents pour une troupe désordonnée de rebelles, que l'on saurait promptement contraindre de reprendre les chaînes qu'ils avaient rejetées avec tant d'insolence ? Ils sont néanmoins restés fermes dans leur volonté. La providence leur a souri ; et l'Europe tourne à présent les yeux vers eux et les trouve, à son grand étonnement, à la veille de s'émanciper pour jamais d'un joug étranger et de devenir un peuple libre et indépendant."

  • Relation de l'Isle de Corse, journal d'un voyage dans cette isle, et mémoires de Pascal Paoli / par Jacques Boswell... ; trad. de l'anglois sur la seconde éd. par J.-P-I. Du Bois http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1023961

  • Le recueil de lettres présenté ici pour la première fois dans leur continuité chronologique offre plusieurs aspects intéressants.
    Il s'agit en effet d'un corpus documentaire rare en ce qui concerne Paoli, puisque, grâce à Boswell, nous avons la correspondance active et passive du chef corse. Elle nous éclaire un peu plus sur la dernière décennie du premier exil à Londres de Paoli, et sur l'identité des personnalités éminentes qu'il connaissait. Cette correspondance, qui se déroule sur une durée de quinze ans, est aussi la chronique d'une fidélité.
    Paoli, reconnaissant envers l'écrivain écossais qui s'est engagé à défendre la cause corse à un moment crucial, prodigue inlassablement à son ami conseils, consolation et encouragements quant à Boswell, il met son coeur à nu, et de ce fait, sa personnalité acquiert consistance et profondeur. Boswell en effet met bas le masque du boute-en-train mondain et superficiel, pour révéler son anxiété existentielle : il souffre du mal de vivre non seulement parce qu'il a l'impression de s'étioler à Edimbourg " dans une obscurité provinciale ", mais parce qu'il est tourmenté par des interrogations métaphysiques lancinantes.
    En dernière analyse, il est frappant de constater la permanence du rêve de Corse dans l'imaginaire de Boswell, au point même qu'il ne parvient pas à comprendre le retournement politique effectué par son ami corse en 1790. Jusqu'au bout, quelques mois seulement avant sa mort, Boswell justifie le surnom que lui avait valu l'éclatant succès littéraire de sa Relation de l'Île de Corse et mémoires de Pascal Paoli, c'est-à-dire " Corsica Boswell ".

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