• Bien sûr, cela fait des décennies que la littérature nous annonce l'anéantissement de la race humaine, notre ca- pacité à nous détruire ne se discutant plus. Beaucoup de livres pour un sujet aussi crucial, mais dans le lot peu de chefs-d'oeuvre...
    Quinzinzinzili, ce roman au titre improbable, est pourtant de ceux-là, ses rares lecteurs n'en démordent pas, qui s'étonnent toujours de son ironie visionnaire, de son pes- simisme halluciné et de ses trouvailles géniales. Publié en 1935, il a été imaginé par Régis Messac, considéré comme l'un des précurseurs du genre, et nous entraîne après le cataclysme, à la suite du dernier des adultes, témoin stu- péfait de la renaissance du genre humain : sous ses yeux désabusés, un groupe d'enfants réinvente une Humanité dont l'Histoire a disparu. Et Messac, qui sait que la Civilisa- tion est mortelle, nous offre le spectacle d'une poignée de gosses en train de lui régler son compte...
    Stupéfiant, Quinzinzinzili renaît et devrait susciter l'ad- miration de ceux qui croient davantage aux vertus des Lettres qu'à celles de l'Homme.

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  • Micromegas

    Régis Messac

    Avec micromégas, écrit en 1935, régis messac se consacre à l'étude des oeuvres littéraires traitant de l'homme en face du très grand et du très petit, de l'homme qui change de dimensions sans cesser d'être un être humain.
    De platon aux magazines anglais de la première moitié du xxe siècle, de lamartine à jules lermina, aucun aspect de la question n'est abordé sans être mis en relation avec le développement de la science et l'évolution des théories scientifiques. à travers son étude, messac nous révèle la cohorte d'idées fausses qu'emmagasine ou que véhicule le roman scientifique, notamment à propos du changement d'échelle qui bouleverse la structure des lois physiques.
    Cette littérature n'est en fait que de pure fantaisie. notre organisation est liée à nos dimensions ; il ne peut y avoir d'homme de la taille d'une fourmi ni de fourmi de la taille d'un homme. messac, cependant, fait une distinction entre deux catégories d'auteurs : ceux qui laissent se développer leur imagination au gré de la science, et ceux qui, comme rabelais, swift, voltaire ou wells utilisent le genre comme un artifice qui leur permet d'exposer des idées hardies.
    Comme la plupart des travaux de messac, cette histoire d'un genre littéraire est aussi captivante que les meilleurs ouvrages de littérature scientifique.

  • Aventure d'un petit bourgeois de Passy projeté dans le futur, sans espoir de retour, dans un monde souterrain, merveilleux, hallucinant, cruel, à peine plus absurde que le monde actuel.
    Une population d'esclaves, les zeroes, y fomente une révolte pour renverser la caste dominante, constituée d'oisifs et d'exploiteurs, qui ne détient le pouvoir que grâce au monopole qu'elle exerce sur la production et la distribution de l'air, sans lequel il n'est point de vie possible. Régis Messac, avec son mépris sanglant et son humour au vitriol nous offre ici une mordante satire de notre époque.

  • à bas le latin !

    Régis Messac

    À bas le latin ! pose la question relative à l'enseignement du latin.
    L'auteur fait ici le procès des défenseurs du latin et condense toutes les données qui se rattachent au sujet : création du collège unique, réforme des méthodes d'enseignement, surmenage, allègement des programmes, réforme des examens, lutte entre scientifiques et littéraires, accès des élèves à l'enseignement supérieur. Les propositions de Régis Messac, contenues dans le premier appendice d'À bas le latin ! seront pour l'essentiel reprises en 1945 dans le plan Langevin-Wallon.
    Elles seront progressivement adoptées lors des réformes de 1959, 1963 et 1975, avec notamment la mise en place du collège unique et l'unification du recrutement et de la formation des enseignants. Cependant, pour Régis Messac, la suppression du latin constitue la pierre angulaire de la création du collège unique. Pour certains observateurs, le maintien d'une filière classique au collège montre que la réforme voulue par Messac n'a pas encore trouvé son terme.
    C'est une des raisons, sans doute, qui contribue à l'échec du collège unique institué en 1975 par René Haby. Résultat des observations et des réflexions de l'auteur, À bas le latin ! est un livre écrit en français. II n'est pas nécessaire de savoir le latin pour le lire. Il aidera le lecteur à se faire une opinion.
    I

  • Les premières utopies

    Régis Messac

    Les premières utopies.
    La république de platon n'est pas à proprement parler une utopie. pour autant, l'oeuvre de thomas more ne saurait apparaître " comme une espèce de miracle, sortie tout armée du cerveau d'un seul homme. more a eu des précurseurs, et sans doute en grand nombre, [. ] bien que beaucoup de leurs récits soient sans doute perdus sans retour. " c'est cette histoire des idéaux de l'humanité, ou ce qui nous en est parvenu, que messac a tenté de reconstruire, en concordance avec l'histoire grecque et l'histoire romaine.
    La négation du progrès dans la littérature moderne. avec son second essai, messac analyse ce courant de pensée né après la révolution, qui conduit des littérateurs à sévir dans un genre réactionnaire, celui de l'antiutopie. " pour passer pour un philosophe accompli, un penseur profond et original, écrit-il, il suffit de démontrer que toute société meilleure est une chimère. " c'est vers la seconde moitié du xixe siècle que le mot lui-même d'utopie revêt définitivement un caractère péjoratif.
    A l'appui de sa thèse, messac cite en exemple musset, hugo, balzac, ou encore " le pauvre poe ", qui vont tourner en dérision les utopistes révolutionnaires. ces textes, que je ne connaissais que de réputation, m'ont fait très forte impression. ce sont, je le crois, des documents fondamentaux pour l'histoire de la science-fiction en france ; d'une certaine manière, on pourrait dire que toute la tradition critique classique, qui va de bridenne à klein en passant par versins et van herp, en sort.
    Serge lehman.

  • Fragment d'histoire

    Régis Messac

    A travers un échantillon représentatif du roman policier des années trente, la critique de Régis Messac reconstitue l'histoire de cette période de transition, qui voit l'émergence du roman noir américain.
    Le recueil replace soixante-quinze ouvrages dans le contexte de leur apparition. Il offre un regard cohérent, qui s'avère toujours d'actualité, sur une production littéraire en constante évolution. Messac ne se trompe pas lorsqu'il s'agit de marquer en quoi les romanciers devenus célèbres depuis se distinguent de la médiocrité ambiante. Mais au-delà de la sûreté de son jugement, l'auteur du " Detective Novel " nous fournit de précieuses informations sur la littérature policière de l'immédiat avant-guerre.
    Talent ou incapacité des auteurs, insanité des traducteurs, " imbécillité des éditeurs qui font un sort à des médiocrités et négligent des chefs-d'oeuvre... " Tout ici est passé au crible. Aucune condescendance n'est de mise. Régis Messac " dégonfle les gloires soufflées, les réputations en toc et dit leur fait aux éditeurs par trop bêtes ou par trop illettrés ".

  • Brève histoire des hommes est une étude matérialiste sur les faits de peuplement et de culture, ou plus précisément, selon l'auteur (Nouvel Âge, 1937), sur "les faits essentiels de l'histoire humaine, faits qui dominent tous les autres, et qu'on ne devrait jamais perdre de vue. C'est d'eux que dépendent même les faits de civilisation et de conscience, les phénomènes dits spirituels ou intellectuels, les moeurs, les idées, le comportement des foules et des individus".
    La pensée très originale de Messac est présente tout au long de ce livre émaillé de remarques et de réflexions destinées à dégager l'horizon du lecteur.
    Il est regrettable que ce texte n'ait pas été réédité plus tôt, bien que, pour paraphraser André Breton, le public d'aujourd'hui soit incomparablement mieux préparé que celui d'hier à le recevoir.

  • D'où vient le roman policier, et comment le définir?
    C'est à ce phénomène sociologique et aux raisons qui le déterminent que répond la magistrale thèse de doctorat ès lettres que Régis Messac a soutenue en 1929. Loin de restreindre son étude au XIXe siècle, qui voit l'avènement du genre, Régis Messac remonte à la plus haute Antiquité pour y trouver ses racines historiques et philologiques. Fidèle à la formation qu'il a reçue, comme à la méthode des détectives qui lui sont chers, l'auteur procède du proche au lointain, du connu à l'inconnu, du présent au passé, en suivant la piste, véritable voyage dans le temps.
    La thèse de Messac, si moderne par le choix de son objet comme par sa conception, est en même temps profondément classique, au meilleur sens du terme. D'une culture foisonnante, le livre évoque avec le même enthousiasme la Bible et le Talmud, les sources du récit voltairien ou les dernières livraisons de Nick Carter. Messac a le don de raconter les histoires sans jamais les déflorer; son exposé fourmille de détails et d'exemples curieux, comme ceux de l'action que peuvent exercer des forces collectives et anonymes sur l'oeuvre littéraire.
    « Le postulat du "Detective Novel", écrit Claude Amoz dans sa préface, démontre avec fermeté que ce genre littéraire entretient un lien quasiment ontologique avec la pensée scientifique. » Si les romans dits de détection ne trouvent leur essor qu'à une époque où l'on croit en la science et au progrès, Messac s'élève contre l'usage abusif du concept de déduction cher à Poe et à Conan Doyle. Mais plus encore qu'un procédé inductif, l'auteur préfère y voir « des raisonnements fondés sur l'observation d'un fait particulier conduisant à un autre fait particulier ».
    Ce livre est tout sauf rébarbatif, l'érudition et l'analyse emportent l'adhésion; il doit son principal intérêt à l'extrême rigueur de sa méthode et à l'immense richesse de bibliographie; il se dévore aussi facilement que les romans policier dont il fait l'autopsie.

  • Valcrétin

    Régis Messac

    Sur une île perdue du Pacifique sud, les membres d'une expédition scientifique et civilisatrice partent à la recherche des crétins.
    Ils observent puis se heurtent à un groupe d'êtres humains dégénérés, aux " os ramollis ", au " crâne en cône tronqué ". Après plusieurs mois passés sur l'île, les membres de l'expédition sombrent peu à peu dans la folie, et tombent sous l'influence des Crétins. Leurs esprits vacillants n'ont plus ni référence ni valeur. Valcrétin est le dernier roman écrit par le facétieux Régis Messac, entre novembre 1942 et mars 1943, peu avant une déportation sans retour.
    C'est le roman messacquien par excellence, caractéristique du style noir, acide et satirique d'un auteur en avance sur ses contemporains. La richesse de l'expression de Régis Messac trouve ici sa mesure. Critique sociale et politique dans la veine du conte philosophique voltairien, Valcrétin surpasse Quinzinzinzili par son pessimisme sur l'humanité. Valcrétin, c'est la peinture d'une humanité dégradée et dégradante, perdue dans ses déjections morales; de l'Aristophane, du Rabelais et du Swift à l'heure de la science-fiction.

  • Un jeune professeur de lettres peu conformiste s'attire d'innombrables difficultés avec sa hiérarchie et avec son Chairman, l'ineffable Vicomte des Boys de la Tour. Incapable de supporter le spectacle de servilité et de charlatanisme à quoi se réduit, selon Régis Messac, la vie académique, il envoie finalement sa démission au Board of Governors. Le roman est avant tout prétexte à une série de portraits. Doué d'un sens aigu du pamphlet, Messac transcrit d'une plume alerte et trempée dans le vitriol de petites « scènes vues » et trace ainsi la silhouette caricaturale du personnel de l'université. Messac à le don d'observation incisif, le sens du raccourci, du « gag », du burlesque. Tout ceci est drôle, enlevé, sans indulgence. La supercherie cependant n'échappe plus à personne. On sait désormais que ce roman est autobiographique, que son cadre se situe au coeur de l'Université McGill, et que la satire ne reste pas au niveau superficiel de la caricature. Pour Marc Angenot, « Une réflexion amère et souvent très dure sur la condition professorale se fait jour. Elle peut se résumer dans la phrase désabusée qui tombe des lèvres du professeur Addison, le confident du héros : «We are a sort of higher club servants. Subjects to dismissal, just like other servants. » 1 On jugera peut-être par là que la pochade de Régis Messac n'est pas exempte d'une certaine actualité polémique ». Il n'est pas besoin de considérer Smith Conundrum comme une oeuvre à clé pour trouver du plaisir à lire ce récit.

  • Alors qu'il prépare l'entré à Normale Sup, Néania est mobilisé le 2 août 1914. Le dépôt, la tranchée, la blessure, l'hôpital, l'arrière, l'armistice. marqueront les étapes de son voyage, enjolivé d'aventures amoureuses. C'est un itinéraire, hélas, bien connu.
    Mais l'auteur, nourri de Rabelais, a su donner à son récit un tour inédit. La verve en est amère, narquoise, fine et grasse à souhait. En une cinquantaine de très courts chapitres, Régis Messac fait traverser le premier conflit mondial à un personnage dont on se rend rapidement compte qu'il est nourri de l'expérience personnelle de l'auteur.
    Néania fait partie de ces courtisans de la mort qu'on entasse dans les trains de plaisir pour Berlin. Il est loin d'être un soldat modèle, du modèle rêvé par ceux qui envoient les autres se faire tuer. C'est, à sa façon, un partisan de " l'objection de conscience ". Jamais il n'a consenti à glisser une balle dans son fusil. Une balle cependant lui percera le crâne lors d'une corvée de terrassement avant qu'il ait aperçu le moindre " ennemi ", offrant son corps douloureux à l'armée des médecins militaires à laquelle il lui faudra également résister.
    De quel regard aigu il pénètre tous les ridicules de l'odieux métier. Et quelle vigueur il déploie pour fustiger la guerre, lui qui a vu des camarades fusillés par le peloton et d'autres abattus à coup de revolver par le général Machin. Un sobriquet qui rime avec Mangin. Quant à ses discussions avec ses parents, bourgeois prodigieusement denses et convenus, elles sont épiques.
    Ce livre est digne de rejoindre tous ceux, romans et pamphlets, qui travaillent patiemment à dépouiller la vieille idole de ses oripeaux et de ses chamarrures, et qui finiront bien par la montrer nue, telle qu'elle fut : abjecte, stupide et puante.

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