Le principe de plaisir : esthétique, savoirs et politique dans la Florence des Médicis (XVI-XVII siècles)

À propos

Le dernier jeudi du Carnaval de l'année 1569, au coeur d'un hiver féroce, sept jeunes patriciens florentins s'assemblèrent pour faire académie. La sodalité ainsi fondée devint vite l'une des académies florentines les plus dynamiques - au point de laisser, lors de sa disparition, six décennies plus tard, des milliers de folios d'archives consignant ses travaux (registres d'activités, discours, poèmes, etc.). Comprendre ce qui motiva ces hommes à oeuvrer ensemble avec tant de diligence reste néanmoins malaisé, tant l'institution cultiva le secret. Un élément frappe pourtant : la plus grande partie des Alterati étaient issus de familles qui s'étaient autrefois opposées au démantèlement de la République oligarchique. Le pouvoir médicéen tint leurs rejetons à l'écart des offices communaux comme des charges de cour, les poussant sans doute indirectement à investir leurs énergies dans les arts et les savoirs.
Leur académie devint ainsi le lieu d'une ambivalence fondamentale : imitant par ses structures les institutions de la Florence communale, elle permit à ses membres de célébrer la République disparue en action comme en pensée - et toujours en vase clos. Mais, parce qu'elle donnait aux académiciens la possibilité de s'exercer avec constance à parler et à écrire, tout en les incitant à évaluer constamment les travaux d'autrui, elle leur offrait aussi l'occasion de travailler collectivement à leur intégration progressive dans la société de cour médicéenne, où les princes prisaient leurs savoir-faire et ne dédaignèrent pas d'en user.



Sommaire

Introduction - Investir les arts en tant que particuliers dans la Florence médicéenne.
Chapitre 1 - Fondations.
Au(x) commencement(s) des Alterati.
Mémoire(s) : une impossible mise en récit ?
Effacer les dynamiques de pouvoir : coups de force et historicisation(s).
Chapitre 2 - Une académie patricienne : commémorer la République - ou l'enterrer ?
D'un palais l'autre.
Giovan Battista Strozzi : une carrière de patricien lettré dans la Florence des Médicis.
Les Alterati : une académie où le patriciat s'assemble et se ressemble.
Dissidence et/ou adhésion : une institution ambivalente.
L'académie comme tremplin ? Marginalités et réinsertions.
Chapitre 3 - Les Alterati au miroir de leurs productions académiques : de l'archive à la.
Reconstitution d'horizons intellectuels collectifs.
Vous avez dit (production) académique ?
Transmissions : de l'armadio académique aux collections nationales.
Destinations internes, communauté scripturaire et effets de coterie.
Se publier collectivement par le secret : l'art, la manière et les finalités.
Oralité, circulation manuscrite et stratégies de publication par l'imprimé.
Penser collectivement : une communauté où l'unanimité n'est pas de mise.
Comment lire une production académique - et même comment lire une académie ?
Chapitre 4 - L'académie comme lieu de l'art : loisir, critique, plaisir(s).
Vivre en patriciens : les Alterati entre villa et académie.
L'otium académique : un état défini par le travail des arts.
S'exercer à juger, à corriger et à créer : pratiques et enjeux.
L'académie comme lieu de plaisir(s) partagé(s).
Chapitre 5 - Les détours du plaisir : théories et pratiques de l'art, entre cour et académie.
Les Alterati dans le sillage du Tasse.
Énoncer les logiques du plaisir : un discours fragmenté, pluriel et dissimulé.
Art, transcendance et pouvoir dans l'Euridice (1600).
Épilogue - (Re)penser l'histoire de l'esthétique à travers celle des Alterati ?
Inventaire analytique des documents manuscrits mobilisés.
Bibliographie des sources imprimées.
Index des noms de personnes, lieux, oeuvres.

Rayons : Sciences humaines & sociales > Histoire > Temps modernes (de 1492 à 1799) > XVIe siècle (Renaissance)

  • EAN

    9782251452746

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    440 Pages

  • Longueur

    23.1 cm

  • Largeur

    16.2 cm

  • Épaisseur

    5.5 cm

  • Poids

    1 106 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Déborah Blocker

Déborah Blocker est professeure à
l'Université de Californie, Berkeley (USA),
où elle enseigne la littérature et l'histoire
culturelle de l'époque moderne (XVI-XVIIe
siècles). Ancienne pensionnaire du
Harvard University Center for Italian
Renaissance Studies (Villa I Tatti), elle mène
des recherches sur le statut des arts, et le
développement des discours esthétiques,
dans la France et l'Italie de la première
modernité. Elle a consacré un livre à
l'institution dans un art du théâtre dans la
France de Richelieu (Instituer un « art » :
politiques du théâtre dans la France du
premier XVIIe siècle, Honoré Champion,
2009) et travaille actuellement à une
édition digitale de deux manuscrits.

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